© Rue de Sèvres, Paris, 2025 / Label 619
- Titre(s) : Tome 1
- Scénariste(s) : Mathieu Bablet
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Guillaume Singelin
- Editeur(s) : Rue de Sèvres
- Collection : Label 619
- Parution : Janvier 2025
- Prix : 13,90 €
- EAN : 9782810209651
Alors que les kaiju ont disparu depuis une trentaine d’années, les forces de défense qui ont longtemps lutté contre eux pour protéger le monde sont restées, sous une forme nettement moins héroïque. Aujourd’hui, les sentai remplissent simplement des missions sur commande, la plupart n’étant guère plus que des vigiles de supérettes en tenues bariolées. Pour de nombreux jeunes, c’est le boulot facile pour financer une scolarité. Pour Héloïse, c’est un moyen de s’émanciper de sa famille, mais elle entraîne malgré elle son ami Warren, jeune homme brillant dont le père, ancien sentai, n’est pas vraiment son modèle. Ils se retrouvent alors en colocation avec Satoshi, sa cousine Sofia et l’ombrageuse Nikki…
« J’aurais pu tout autant faire serveuse ou cam girl, franchement, je m’en fiche. Je veux juste payer mes études. La seule différence, c’est que si tu choisis bien tes missions… un peu dangereuses, mais pas trop, ça peut rapporter pas mal. »
Une association entre deux grands auteurs du Label 619 augurait forcément d’un bel album plein d’énergie et de références. Mathieu Bablet (Carbone & Silicium) et Guillaume Singelin (Frontier) ont mené ce projet commun de mains de maîtres, en offrant un hommage sincère et moderne à la pop culture japonaise. Revisiter le mythe du super sentai et ces héros colorés à la Bioman à l’ère de l’ubérisation permet autant de manier ces personnages iconiques que de dénoncer la précarité d’une génération en proie au doute sur son avenir. Les thèmes brassés sont ainsi nombreux et variés, et le fond bien plus riche qu’on pouvait le croire au premier coup d’œil. Si quelques clichés évitables ne sont pas épargnés, les cinq héros sont touchants dans leur parcours, avec, pour l’instant, une préférence pour Satoshi et Sofia, dont les motivations sont un peu plus creusées, profondes et surprenantes. Graphiquement, c’est magnifique, le dessinateur mêlant admirablement quelques codes venus du manga à son trait caractéristique, le tout étant cohérent, dynamique, expressif et parfaitement soigné jusque dans les détails. En ne colorisant que les costumes des héros (et quelques très rares effets), le contraste avec les planches en noir et blanc est très marquant et fait de ce premier tome une vraie réussite.
Une série comme seul le Label 619 semble capable de produire !
Arnaud Gueury












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