- Titre(s) : Son odeur après la pluie
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) : José-Luis Munuera
- Coloriste(s) : Sedyas
- Editeur(s) : Le lombard
- Parution : Mai 2025
- Prix : 22,95 €
- EAN : 9782808215626
Cédric est un professeur de sport célibataire, pratiquant l’alpinisme et la marche en montagne, que ses amis Marie et Ferdinand appellent l’aventurier nomade. Alors qu’il vit une journée assez morne, il se produit un événement, une rencontre inattendue qui va embellir son existence, changer sa vie et lui apporter bien plus que ce qu’il aurait pu imaginer. En buvant son café charbonneux à la française, il parcourt le journal quand son attention est attiré par un article parlant de chiots à adopter, plus précisément des bouviers bernois issus du meilleur élevage canin de la région. C’est ainsi qu’Ubac – c’est l’année des “u” selon la société canine – entre dans sa vie. Une évidence quand on y pense ! Ils deviennent vite inséparables, apprennent à se connaître, s’apprivoisent et, à travers eux, c’est l’amour, la vie et malheureusement aussi la mort qui parsèment leur histoire commune.
Rompu à l’adaptation d’œuvres littéraires, José Luis Munuera (La Course du siècle) ne manquait toutefois pas de défis avec celle de Son odeur après la pluie. Pour commencer, le best-seller de Cédric Sapin-Defour est un récit très contemporain, assez éloigné des classiques littéraires vieux d’un siècle ou deux sur lesquels l’auteur ibérique a pu travailler. De plus, le contenu est très personnel et d’une sensibilité forte. À cela s’ajoutent toutes les difficultés techniques comme par exemple l’articulation des anecdotes, la transmission visuelle des émotions et de la perception qu’Ubac a du monde qui l’entoure. Et puis il y a la particularité rythmique du récit où l’action est absente. Cependant, le talent a parlé et le résultat est des plus éloquents. José Luis Munuera a organisé son travail autour de sept chapitres de longueurs différentes mais aux impacts émotionnels à la hauteur des écrits du romancier, où l’amour inconditionnel entre un animal et son humain est une évidence et chaque personnage – à deux ou quatre pattes – a la même importance. Graphiquement, l’interprétation de la partition est assez exceptionnelle, via de nombreuses illustrations pleine page et sur deux planches, et originale, bien aidée en cela par la mise en couleurs tout aussi incroyable de Sedyas. Nous pensons notamment au lever de soleil pages 36-37, aux séquences pluvieuses ou encore à la manière de représenter les odeurs senties par Ubac qui virevoltent comme des notes de musique colorées.
Une adaptation d’une qualité exceptionnelle qui fait inévitablement poindre la larme à l’œil mais aussi le sourire aux lèvres !
Stéphane Girardot

















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