Reinhard Kleist © Casterman, 2025
- Titre(s) : Starman – Quand Ziggy éclipsa Bowie
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Reinhard Kleist
- Coloriste(s) : Thomas Gilke
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Septembre 2025
- Prix : 28,00 €
- EAN : 9782203248564
Depuis son enfance à Bromley, une ville du borough du même nom dans le Grand Londres, Davy Robert Jones a toujours tout fait pour se faire remarquer et sortir du lot. Très tôt initié à la musique et aux sorties dans les lieux où elle est jouée par son frère Terry, il se fait rapidement une place dans ce monde – avec plus ou moins de succès à ses débuts – et en comprend vite le fonctionnement. Ainsi, il est David Jay pour les Kon-Rads mais devient rapidement David Bowie lors de sa rencontre avec son nouvel agent, Kenneth Pitt, avant que celui-ci ne soit totalement éclipsé par Ziggy Stardust, le messie du rock’n’roll, un personnage androgyne extraterrestre qu’il crée de toutes pièces en 1972 avec l’aide de sa femme Angie et fait un malheur sur scène jusqu’aux États-Unis ! Managé par Tony Defries, il débute son ascension vers les sommets de la musique pop. David est alors influencé par des artistes qui lui sont proches comme Lou Reed, Marc Bolan et Iggy Pop. Même s’il est métamorphosé en rockstar égocentrique, la paranoïa et la célébrité menacent sa santé mentale. Afin d’échapper au pire, il décide de fuir Los Angeles pour se réfugier à Berlin-Ouest en 1976 où il compte bien se réinventer et couper tout lien avec Ziggy Stardust. La suite, tout le monde la connaît !
Rompu à l’exercice, Reinhard Kleist propose avec Starman son quatrième biopic sur des personnalités atypiques et marquantes chez Casterman. Après Johnny Cash et Nick Cave en 2018, Knock out ! sur Émile Griffith, un boxeur homosexuel, en 2020, l’auteur allemand revient à l’univers musical en consacrant ce nouveau et conséquent one-shot à David Bowie. Le travail est une nouvelle fois assez colossal, l’évolution de l’artiste, toujours haut en couleurs, étant décrite de façon très prenante à travers d’incessants flashbacks qui dynamisent l’ensemble du récit. Le scénariste a divisé l’histoire en deux parties, qui reprennent pour l’une la genèse de Ziggy Stardust, avec les difficultés de David Bowie à s’imposer sur la scène londonienne avant Ziggy, et pour l’autre la période « post messie du rock’n’roll » qui débute avec la fuite à Berlin-Ouest afin de mettre fin au conflit interne avec son personnage fictif et flamboyant qui prenait de plus en plus de place. Bien évidemment, la mise en images de Reinhard Kleist se devait d’être au diapason, et c’est le cas. Elle est tout aussi étincelante, aussi bien en ce qui concerne la forme que la colorisation réalisée à quatre mains avec Thomas Gilke. Les premières planches claquent littéralement dans un style comics avec des couleurs saturées et pixelisées qui projettent les lecteurs dans une autre époque. Elles tranchent avec les autres présentes dans l’album qui sont plus proches de ce que l’illustrateur avait proposé précédemment. Le résultat est complètement bluffant et immersif !
Un nouvel exercice de style réussi pour Reinhard Kleist qui fait découvrir différentes facettes de cet incroyable artiste qu’était David Bowie !
Stéphane Girardot















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