- Titre(s) : Silent Jenny
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Mathieu Bablet
- Editeur(s) : Rue de Sèvres
- Collection : Label 619
- Parution : Octobre 2025
- Prix : 31,90 €
- EAN : 9782810208005
Sur une Terre dévastée et stérile, seules émergent quelques cités misérables, vestiges du monde d’avant dans lequel plus personne n’a vécu. Toutefois, quelques personnes ont fait le choix de l’indépendance, en vivant sur de grandes machines, les « monades », qui traversent les grands espaces désertiques sans jamais s’arrêter. Jenny fait partie de l’une d’elles, dont elle se détache progressivement, le manque de but et de perspective d’avenir à leur voyage sans fin lui pesant infiniment. En se coupant des autres, la jeune femme perd peu à peu son lien avec l’humanité. Son travail pour la société Pyrrhocorp, qui consiste à trouver une abeille vivante en se miniaturisant, semble être son dernier moyen de se sentir utile et vivante…
« Tu ne t’arrêtes jamais de bosser et je ne comprends pas pourquoi, quand tu n’es pas en mission, tu restes dans ta cabine sans en sortir… Tu ne dors jamais et tu as toujours l’air à côté de tes pompes. Quel est ton petit secret, Jenny la silencieuse? »
Après les énormes succès de Shangri-La puis Carbone & Silicium, Mathieu Bablet conclut sa trilogie de science-fiction avec cet imposant Silent Jenny. Une fois de plus, l’auteur n’a pas ménagé ses efforts pour fignoler une bande dessinée spectaculaire, complexe et très personnelle. Difficile en effet de comparer ces œuvres à d’autres, bien que les références soient nombreuses et que chaque lecteur pourra jouer au petit jeu des emprunts ou des clins d’œil, même si ceux-ci ne sont pas volontaires mais un simple retour de sa part vis-à-vis de sa propre culture en la matière. En s’attaquant cette fois au récit post-apocalyptique, l’artiste français appuie encore un peu plus la noirceur de ses personnages, tragiques et pessimistes, malgré de légères touches d’humour et d’espoir. Le message écologiste et humaniste qui en émerge est à la fois subtil et limpide, par l’intermédiaire d’une écriture parfaitement maîtrisée. Grâce à ses 300 pages, ce volumineux ouvrage peut prendre le temps d’offrir une narration aérée et de lentement faire chavirer le destin de son héroïne. Si l’ensemble se montre assez triste et brutal, on suit l’aventure avec un réel plaisir tant cet univers est cohérent, inventif et graphiquement audacieux, le design des monades et des cités étant magnifique. Le fonctionnement de ce monde dystopique fait également merveille.
Une nouvelle œuvre essentielle de la part d’un auteur qui compte.
Arnaud Gueury












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