© Le Lombard, 2026
- Titre(s) : Le Marche-Lune
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Simon Spruyt
- Editeur(s) : Le Lombard
- Parution : Mai 2026
- Prix : 21,95 €
- EAN : 9782808216296
Mésopotamie ou Égypte ? Une femme se matérialise comme par magie non loin d’un troupeau de moutons appartenant à une troupe de Marche-Lune dans une période où les divinités sont encore très prégnantes dans la vie des humains qui tentent de s’organiser collectivement pour former une civilisation. Ainsi, les premières cités-États apparaissent. Son nom est Gashansunnu. Elle se présente comme étant une prêtresse d’Ishtar ou Innana, la déesse de l’amour, de la fertilité et de la guerre. En essayant de se faire une place au coeur d’une géopolitique instable – entre Sichem sous la protection du grand Roi Austral et les nomades – et donc parmi les hommes, elle est là pour remplir deux missions très précises. Car Gashansunnu n’est une femme ordinaire, elle vient de l’espace. Son rôle sur Terre est de déterminer si l’humanité est digne d’intérêt et de retrouver son prédécesseur, Iden Bir Ishuen, qui a disparu sans crier gare après son dernier rapport. Quelle en sera l’issue ?
Si Le Marche-Lune, dont l’idée de base est partie du roman de Thomas Mann Joseph et ses frères, n’était pas prévu pour être un récit de science-fiction, il l’est devenu par la suite. Récits bibliques, références historiques (Mésopotamie et Égypte où sont nées les premières cités-États et une part inventée) et influences littéraires (Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad notamment) sont venus enrichir ce récit de Simon Spruyt qui questionne sur le fait de juger moralement une culture complètement différente de la nôtre et sur l’ingérence auprès de pays aux valeurs incompatibles au risque de le déstabiliser. Cet interventionnisme est ici l’oeuvre d’extraterrestres qui, comme les humains, n’ont pas la même approche selon les individus. Ainsi, il y a des divergences et des prises de position, comme celle d’Iden Bir Ishuen/Élézier que doit retrouver Gashansunnu. Pour densifier la trame scénaristique, l’auteur intègre une romance à la “Roméo et Juliette” – à la conclusion moins dramatique – puisque Dina, fille du chef de file des nomades Marche-Lune, et Appan, fils du prince de Sichem, ont un coup de foudre, une relation qui est vécue différemment selon les clans mais aussi à l’intérieur de ceux-ci. La notion de roman graphique prend toute sa dimension à travers la retranscription dessinée qui est faite de cette histoire intrigante et prenante. En effet, Simon Spruyt se réinvente et propose une approche qui est à la fois différente des Mémoires du dragon Dragon par exemple et complètement immersive.
La bande dessinée flamande se porte très bien avec des auteurs à la créativité novatrice comme Simon Spruyt !
Stéphane Girardot

















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