Irene Marchesini & Carlotta Dicataldo @ Le Lombard 2026
- Titre(s) : Lyndon – Comme la mer sous la Lune
- Scénariste(s) : Irene Marchesini
- Dessinatrice(s) - Coloriste(s) : Carlotta Dicataldo
- Editeur(s) : Le Lombard
- Parution : Mars 2026
- Prix : 24,95 €
- EAN : 9782808215565
XIXe siècle, Écosse. Lyndon Meriwether, un professeur londonien, est installé sur une île au large des côtes depuis neuf mois lorsqu’un événement mystérieux inquiète tout son village. Gavin McKay, l’un de ses élèves et troisième enfant de la famille d’agriculteurs bien connus de la communauté, est porté disparu. Venu ici afin de quitter la frénésie de la ville pour le calme du bord de mer en ayant laissé derrière lui sa mère et sa chatte, la bien nommée baronne Mittens, Lyndon se retrouve de nouveau en proie à des angoisses qui le tétanisent. Son passé resurgit et il se sent coupable de la disparition du jeune garçon. Il en veut pour preuve ses absences, le sang et le Kelpie sous la pluie. Et ce n’est pas la première fois. En première ligne des recherches avec Elliot, frère aîné de Gavin, le professeur ne ménage pas ses efforts alors que les villageois évitent de trop se mêler de cette histoire par peur des esprits et des croyances très prégnants dans cette lande brumeuse. Durant cette enquête, les deux hommes se rapprochent mais le mystère reste entier. Qui ou quoi est réellement à l’origine de la disparition de Gavin ? Est-il encore vivant ?
Volontairement située dans la campagne victorienne où apparaissent les prémisses de la révolution industrielle pour approcher différemment la période, cette histoire écrite par Irene Marchesini rend à la fois hommage à l’art gothique et au genre Boys love. La scénariste transalpine y met en scène Lyndon, un personnage victorien typique, triste et sombre, dont la caractérisation psychologique est des plus fines et déclenche très rapidement de l’empathie pour ce héros malgré lui. Ainsi, les raisons de son départ de Londres sont bien plus profondes, comme le laissent sous-entendre les premières planches de l’album. À l’instar de Rebis, mythes et légendes sont utilisés de manière judicieuse dans ce nouveau scénario parfaitement agencé. Le Kelpie (esprit ondin et maléfique à l’apparence de cheval) ou encore la créature du loch (Ness) y sont intégrés avec parcimonie afin de nimber de mystère la trame scénaristique. D’ailleurs, McKay est le nom de famille de Gavin, probablement un clin d’œil d’Irene Marchesini à William Mac Kay qui, en 1914, expliquait comment le loch Ness s’était formé dans son livre Urquhart and Glenmoriston: Olden times in a highland parish. Vous l’aurez compris, l’histoire est excellente. Mais qu’en est-il du dessin ? Carlotta Dicataldo réalise une prestation graphique d’une qualité assez extraordinaire. Le trait est expressif, d’une finesse hors norme et rehaussé par une mise en couleurs au diapason des ambiances des lieux qui accueillent l’action. Une fois encore, le dessin et les mises en page dégagent toute la poésie et le mystérieux nécessaires avec une facilité déconcertante. De plus, certaines cases ou illustrations pleine page sont d’une beauté hypnotisante.
Magnifico capolavoro ! Nous validons le coup de cœur de l’éditeur !
Stéphane Girardot

















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