© 2025 Oxymore
- Titre(s) : Fuck the Wankers
- Scénariste(s) : Nicolas Jarry
- Dessinateur(s) : Edoardo Audino
- Coloriste(s) : Laura Cerutti
- Editeur(s) : Oxymore
- Parution : Septembre 2025
- Prix : 24,95 €
- EAN : 9782385611088
Trader aux dents longues, Edgar Palmer évolue dans le milieu de la finance et de ses requins avec une voracité et une aisance qui ne laissent rien entrevoir d’un passé plutôt tumultueux. Avide de réussite et de gain, il se laisse alors aveugler par une manigance de sa direction, qui lui colle sur le dos toutes ses malversations. Vite tombé de son piédestal, Ed échappe de peu à un assassin venu finir le boulot et comprend qu’il vaut mieux disparaître dans les bas-fonds new-yorkais pour se refaire. Ça tombe bien, son père était justement un « fry sheriff », l’un de ces possesseurs de food trucks devenus légalement les suppléants des flics dans les quartiers mal-famés…
« A bien y réfléchir, c’était pas si différent de Wall Street. Moins de mocassins en cuir, mais les mêmes requins aux dents affûtées. »
La première chose qui frappe en prenant l’album en main, c’est son évidente proximité avec le hit Il faut flinguer Ramirez : format similaire, composition de couverture très proche, et ce ton à la fois ultra-dynamique et caustique. Pour autant, les deux titres ne font que partager le même amour pour la série B et Nicolas Jarry ne cherche pas à copier un modèle. Le scénariste trouve son propre ton, imposant un mélange des genres détonant (le cadre « doudou » des années 80, des camés aux allures de zombies, des golden boys maniant de gros flingues sans retenue, des food trucks faisant régner la loi dans les rues d’un New York cradingue, etc.). En poussant ses dialogues jusqu’à l’excès, pour coller aux punchlines des films de l’époque, et en créant des personnages hauts en couleurs, il dessine un univers assez déjanté dont on doute qu’il ne sera pas suivi d’autres albums, tant les possibilités sont nombreuses pour continuer l’aventure autour de certaines pistes entrouvertes. Ce serait en tout cas un réel plaisir de retrouver tous ces héros barjots sous le coup de crayon habile d’Edoardo Audino, la vraie révélation de cette BD. L’artiste mêle adroitement ses influences graphisme italien/comics américain pour un résultat visuel emballant d’énergie et de folie contenue.
Un album qu’on espère voir faire des petits.
Arnaud Gueury










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