Bug T4, BILAL © Casterman, 2025
- Titre(s) : Livre 4
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Enki Bilal
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Octobre 2025
- Prix : 20,00 €
- EAN : 9782203273450
2042, ère du bug planétaire qui a rendu impossible l’accès aux données numériques. Désormais installé à l’hôpital sur l’île de Lampedusa où il a échoué, l’hypermnésique Kameron Obb est touché par un dédoublement entre le Bien et le Mal qui met sa santé mentale à rude épreuve, comme si une entité, un dieu, avait pris possession de son esprit. Malgré cela, se fille Gemma rentre en contact avec lui de manière immatérielle, le temps d’échanger quelques mots et de lui communiquer des codes. Faisant toujours l’objet de toutes les convoitises, il est localisé par la Novo-Tsarine Yulia qui envoie Awden Marxoe, un de ses anciens amis, en direction de Lampedusa. Bien sûr, il n’est pas le seul à se rendre en Méditerranée, à l’image d’Okto Dusapin, un autre ancien ami, à bord de son sous-marin Staller IV. De son côté, la présidente française déclenche l’intervention de forces à proximité de l’île. Gemma veut en être ! Pendant ce temps, Junia, la medecine-woman d’Obb, accompagnée de Fathma, pénètre dans l’hôpital alors que le corps du directeur de l’établissement, qui vient de mourir, brûle encore. Quelques instants après, le Mal prend le contrôle de Kameron !
Pour ce quatrième tome de sa série d’anticipation Bug, le visionnaire Enki Bilal amorce le final prévu pour le prochain tome, dernière étape qui répondra à la question de la véritable nature du bug : réelle défaillance technologique ou attaque délibérée visant l’humanité ? Après la (géo)politique, l’obscurantisme religieux et la crise climatique, le thème du black-out numérique coulait de source pour l’auteur français d’origine serbe, toujours au fait de ce qui se passe dans le monde et utilise le futur pour dépeindre en toute liberté notre présent. Cependant, il paraissait surprenant de ne pas voir apparaître la notion d’intelligence artificielle dans les trois précédents épisodes. Bien que ce soit tardivement dans le déroulé global du récit, le tir est rectifié de façon judicieuse ici et amène un axe de prolongation supplémentaire dans le scénario déjà dense et prenant. Il nous tarde donc de voir quelle va être son influence sur l’avenir de ce monde que Kameron Obb essaye de réparer via des jeux de téléportation de personnages clés après avoir fait le mal ! Graphiquement, l’opposition entre le Bien et la Mal, omniprésents dans cet album, se traduit par un affrontement du bleu et du rouge. Bien que présente, la violence n’est pas représentée directement mais plutôt suggérée par des ambiances et cette chromie singulièrement puissante. Comme souvent, des coupures de presse viennent donner quelques respirations pour calmer le rythme et/ou pour réorienter l’histoire à bon escient.
Enki Bilal repousse une fois de plus les limites de son art pour bousculer les lignes et questionner ses lecteurs sur un sujet de plus en plus d’actualité !
Stéphane Girardot















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