Du 22 au 24 novembre 2024, se tenait le 41e festival BD Boum à Blois : pour l’occasion, Catel et José-Louis Bocquet ont pu organiser une visite guidée de l’exposition sur Anita Conti, leur album sorti en septembre dernier, et parler de leurs méthodes de travail, leurs inspirations, leurs précédents ouvrages, mais aussi présenter cette fameuse Anita Conti.
La première océanographe
Aujourd’hui Anita Conti n’est pas encore connue du grand public, mais des marins, oui : c’est la première femme océanographe, et une des premières lanceuses d’alerte à propos de l’écologie, de la surpêche, etc. Elle a pourtant commencé sa carrière comme relieuse d’art, puis en écrivant des articles sur des magazines féminins. Mais l’essentiel de sa carrière a commencé dans les années 1930, quand elle a été la première femme à travailler et avoir un véritable rôle sur des navires, pour y faire des recherches et articles.
“Cette série de BD, on les a faites pour nos filles…”
D’abord Kiki de Montparnasse (2007), puis Olympe de Gouges (2012), Joséphine Baker (2016), Alice Guy (2021) et aujourd’hui Anita Conti (2024), c’est toute une série de “femmes remarquables” qu’ils conçoivent tous les deux, lui au scénario et elle au dessin. “Parce qu’on a peu de modèles féminins, à part Jeanne d’Arc brûlée vive et Marie-Antoinette décapitée… Surtout dans le monde de la bande dessinée, qui a pléthore de modèles et héros masculins, lus par les hommes ». Ils ont alors l’idée de mettre en lumière des figures féminines méconnues, “pour leurs filles”. Une d’abord, Kiki de Montparnasse : ça a très bien marché, alors ils ont pu continuer. Et pas en vain : depuis la sortie des albums, Joséphine Baker a été panthéonisée et Alice Guy est citée dans toutes les écoles de cinéma, faisant partie des statues de femmes exposées pendant les Jeux Olympiques de Paris.
Un travail d’équipe et de recherche
Leur rencontre s’est produite au début des années 2000, quand le roman graphique a commencé à être à la mode. En effet, leur première sortie sur Kiki de Montparnasse a été un grand succès, qui leur a permis de continuer cette série de portraits de “femmes remarquables”. Aujourd’hui, après plusieurs BD, le processus de création est bien rôdé entre les deux artistes : il fait les recherches, le premier tri des informations dans des centaines de pages de lecture, et écrit le script. Ensuite il lui raconte l’histoire et, à partir de ça, ils créent le storyboard à deux. Vient la partie de documentation graphique et de croquis pour elle, avant de s’attaquer aux planches. Pour chaque BD, c’est un nouveau défi : ici, le dessin des bateaux a demandé des mois de croquis, des carnets entiers d’études, des corrections par un capitaine de bateau pour en comprendre le fonctionnement et avoir des illustrations justes.
A la fin, sort un album de 300 pages, riche et documenté, qui se lit “comme un roman”, en plusieurs fois. Et à la question : “Avez-vous des désaccords dans le travail, sur certaines planches ?” ils répondent en chœur : “Jamais” “Tout le temps !” , et clôturent sur un éclat de rire complice.
Marine F







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