© 2026 Dargaud
- Titre(s) : Un été loin des hommes
- Scénariste(s) : Fabienne Blanchut & Catherine Locandro
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Thomas Campi
- Editeur(s) : Dargaud
- Parution : Mars 2026
- Prix : 22,00 €
- EAN : 9782505088257
Été 2022. Frédérique doit arriver à Nice, seule, sans l’amour de sa vie, car sa mère Emma vient de décéder. Son père, Vittorio, a besoin de son aide pour toutes les démarches administratives liées aux obsèques mais aussi retrouver des photos d’elle. L’une d’entre elles réveille justement en Frédérique des souvenirs, à savoir une des rares photos où elle et ses deux parents étaient réunis. C’était lors de l’été 1985, en Corse, où Frédérique, adolescente solitaire privilégiant la lecture et la musique, était chez sa tante Évelyne et ses cousines, Antonia et Marie-Ange. Un été où ses parents traversaient une crise de couple au point que Vittorio devait repartir à Nice, officiellement pour un chantier, et où elle découvrira ses premiers émois lesbiens.
« J’ai douze ans et demi, arrête de m’appeler comme ça!
– Tu seras toujours mon petit chameau, il faut t’y faire! »
Un été en vacances dans les années 80 avec une héroïne en pleine introspection, la trame fait immédiatement penser au film Été 85 de François Ozon. Mais il faut reconnaître que le scénario de Fabienne Blanchut et Catherine Locandro est efficace pour réveiller la nostalgie avec de nombreuses références culturelles de cette époque, notamment la musique avec a-ha ou Jean-Jacques Goldman. Les scénaristes réussissent tout de même à éviter la nostalgie sélective et à aborder aussi la part sombre de cette période, notamment, sans le nommer, le sida avec le personnage du transformiste Dominique. Au niveau du récit, même s’il est vrai que le fait que Frédérique intériorise finalement tout ce qu’elle ressent, notamment pour son attirance naissante, on finit quand même par se prendre au jeu du récit et être ému pour ses deux conclusions, celle de 1985 et celle de 2022. Pour le dessin, Thomas Campi a fait le choix de l’aquarelle directe, avec des personnages masculins au visage marquant, des cases pleine page, mais surtout il ajoute à cela une dose de sensualité avec la serveuse Carole, fantasme de la jeune Frédérique. Il y a aussi un peu de poésie, avec les scènes subaquatiques de l’héroïne, et toutes les cases parviennent ainsi à se marier au récit.
Un voyage dans le temps pour un récit haut en couleurs et parfois en émotions.
Laurent Muret












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