© 2024 Casterman
- Titre(s) : Rigor Mortis
- Scénariste(s) : Matz
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Luc Jacamon
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Octobre 2024
- Prix : 12,95 €
- EAN : 9782203284159
Malgré le massacre récent qui a laissé sur le carreau un procureur, sa compagne proxénète, un des fournisseurs d’esclaves sexuels et trois hommes de main, Denis poursuit la mission assignée par les responsables de Barbara. Ainsi, une nouvelle victime vient augmenter les rangs des pourritures que compte le réseau éliminées par leur association. Pour l’instant, Barbara n’a pas dévoilé la présence de la petite fille rescapée de la tuerie à ses supérieurs car elle ne sait pas comment ils vont réagir à cette entorse au plan. De plus, elle comprend que Denis ne veut pas la laisser tomber et décèle chez lui une lueur d’humanité inattendue. Ceci étant, la décision de tout stopper est prise car il y a trop de cadavres et trop de bruit autour de cette affaire. Alors que Barbara se rend auprès de sa hiérarchie pour faire son rapport et essayer de trouver une solution pour leur protégée, la planque dans les Cévennes est attaquée par un groupe de professionnels très bien équipés. Denis s’en sort juste avec une éraflure. Avec la petite, ils ne sont plus en sécurité et doivent trouver un autre repaire où se cacher. Qui étaient ces hommes ? Qui les a envoyés ? Le réseau auquel ils s’en sont pris ? Comment l’ont-ils trouvé ? Existe-t-il une taupe dans l’organisation de Barbara ? Denis peut-il encore lui faire confiance ?
L’évolution imprimée par Matz à son personnage du Tueur découle sur des comportements plutôt inattendus mais toujours réfléchis qui ne sont bien entendu pas sans conséquences. Le scénariste ouvre ainsi une nouvelle fenêtre qui débouche sur de nouvelles scènes d’action et entraîne Denis, mais aussi Barbara et la petite fille rescapée, sur un sentier toujours plus escarpé. Encore aujourd’hui, malgré ses activités professionnelles particulières, il est difficile de ne pas éprouver de l’attachement à son égard, ne serait-ce que pour les raisons qui le poussent à changer son modus operandi afin de sauver une vie, non pas pour obtenir une quelconque rédemption mais parce que c’est ce qu’il fallait tout simplement faire à ce moment-là. Quoiqu’il en soit, Matz (Tango) rend son personnage toujours plus profond et complexe par le truchement de ses soliloques où le scénariste a pris l’habitude d’intégrer des citations d’auteurs comme William Seabrook, William Goldman ou encore Adolfo Bioy Casares pour cet album. N’oublions surtout pas les dialogues ciselés qu’il écrit pour chaque personnage. Les deux niveaux de lecture ainsi mis en place par l’auteur sont parfaitement complétés par le troisième, graphique celui-ci, que Luc Jacamon réalise avec toujours autant de verve et d’innovation. L’ensemble est fluide et parfaitement calé dans le rythme ou le faux rythme selon le récit, une prestation incomparable et puissante dont la colorisation apporte à chaque planche un réel plus en ce qui concerne les ambiances.
Incontestablement, nous avons là le top du thriller !
Stéphane Girardot














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