© Rue de Sèvres, Paris, 2026
- Titre(s) : Tourner la page
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Zep
- Editeur(s) : Rue de Sèvres
- Parution : Avril 2026
- Prix : 20,00 €
- EAN : 9782810210114
Lambert Delville n’est jamais parvenu à retrouver le succès d’un roman lui ayant permis de décrocher le prix Femina quinze ans plus tôt. Sa nouvelle oeuvre, sortie depuis peu, ne déchaîne pas les foules, qui plébiscitent désormais d’autres auteurs. Pire, la présentation de son nouveau manuscrit à son éditrice tourne au vinaigre et sa compagne décide de le plaquer, lassée de son amertume. En pleine déprime, il décide au bout d’un moment de s’éloigner de Paris et de sortir son voilier près des îles grecques. Un incident imprévu lui permet alors de se faire passer pour disparu en mer. De sa retraite solitaire, il constate un grand élan d’amour posthume. Mais Lambert n’est pas au bout de ses surprises et hésite à revenir parmi les vivants…
« Le prix Goncourt vous salue. Mais au paradis… tout le monde s’en fout. Voilà qui nous rappelle la vanité de nos existences. »
Dans sa volonté sincère et passionnante de vouloir diversifier son oeuvre et de toucher des registres variés, Zep s’attaque à un tout nouveau style de récit qui lui réussit particulièrement bien. Très loin de Titeuf mais aussi de ses scénarios plus fantastiques (Paris 2119, The End ou Ce que nous sommes notamment), sa peinture du monde de l’édition fait mouche avant un choix dans la ligne droite finale un peu déroutant, justifié par le choix d’un « élément perturbateur » énoncé par son héros lui-même qui ne se justifiait peut-être pas tant que ça. Hormis cela, le ton cynique et le protagoniste désabusé permettent une plongée très drôle et caustique dans un univers généralement feutré, qui multiplie les faux semblants et l’hypocrisie. Tout sonne juste et le double-renversement de la situation (la fausse mort de Lambert puis le vol de son succès posthume) fonctionne très bien. Visuellement, Zep s’est appliqué sur ce qui peut être son plus beau rendu graphique, la mise en couleurs à l’aquarelle étant sans doute pour beaucoup dans cette impression. En ville ou en mer, ses décors gagnent ainsi beaucoup en intensité, ce qui se répand jusque dans l’intrigue elle-même.
Un album graphiquement magnifique et particulièrement caustique quant à son sujet.
Arnaud Gueury












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