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Dans une Transylvanie où les vampires dominaient les humains autrefois, où ils sont actuellement égaux en droits, du moins en théorie, là où on dort le jour et où on vit la nuit, l’humaine Maggy ne parvient pas à trouver sa place d’autant qu’elle a été virée de son job pour « indocilité ». En rentrant chez elle, elle découvre que son colocataire Anghel, apprenti acteur, a été mordu par un vampire alors qu’il rentrait à la suite d’un casting raté. Leur dernière colocataire, Iulia, semble avoir trouvé la bonne amoureuse en la personne d’Andreea. Pendant qu’Anghel subit une goulification après cette agression et que Iulia roucoule, attendant le bon moment pour des présentations officielles à ses colocataires, Maggy cherche une voie professionnelle qui lui correspond. L’écoute d’une interview de Cezar Popa, militant pour les droits humains, va peut-être la guider.
« On voit votre cou… Vous savez, les vampires ont des pulsions. C’est dans leur nature. Mettez une écharpe, vous risquerez moins de les tenter. »
Lou Lubie utilise la métaphore des vampires pour dénoncer les dérives de notre société réelle : la morsure de vampire illustre en réalité les viols, la domination des vampires est une incarnation du patriarcat et l’autrice parvient aussi à documenter son album en reprenant des statistiques transposées sur son monde virtuel et s’inspire de deux sombres affaires d’agressions sexuelles : l’affaire Dominique Pélicot à travers les parents de Maggy et l’affaire Gérard Depardieu, citant même les arguments de défense tenus par Carole Bouquet et Emmanuel Macron au mot près. C’est donc à travers ce monde fictif que Lou Lubie invite le lecteur à réfléchir sur la direction que prend notre monde, que ce soit sur l’égalité hommes-femmes ou les agressions sexuelles. Son style graphique permet également de voir des personnages principaux très attachants et charismatiques, chacun dans son registre par rapport à son histoire.
Une œuvre forte pour sensibiliser sur d’importantes thématiques.
Laurent Muret












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