© 2025 Casterman
- Titre(s) : Refuge
- Scénariste(s) - Dessinatrice(s) - Coloriste(s) : Cécile Guillard
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Mars 2025
- Prix : 24,00 €
- EAN : 9782203246676
Alors qu’un feu d’une ampleur sans commune mesure menace leur ville, Juliette et Léo sont dans des situations personnelles délicates et se posent beaucoup de questions existentielles. En ce qui concerne Juliette, elle apprend qu’elle va perdre l’usage de sa main droite et qu’elle doit arrêter de travailler, sans compter le fait que ses relations difficiles avec le père de sa fille ne lui permettent pas de la voir normalement. Léo, quant à lui, travaille dans une société où il fait du démarchage téléphonique et ne sait pas trop quoi faire dans sa relation amoureuse à distance. Comme pour se libérer de ces carcans, ils décident tous les deux de fuir en pleine nature. Par le plus grand des hasards, les chemins des deux citadins qui ne se connaissent absolument pas se croisent. Dans un refuge découvert par Léo et au-delà des problèmes de survie usuels, ils vivent une expérience introspective, à la fois commune et individuelle, qui les transforme et donne un nouveau souffle à leurs vies. Mais très vite, ils se retrouvent au cœur des flammes et doivent prendre une décision.
Sensible à la cause écologique (Cent mille ans, Bure ou le scandale enfoui des déchets nucléaires ou encore Suivez le guide dans le collectif Vertige), Cécile Guillard propose un récit qui évoque une nouvelle fois ce thème, bien ancré dans son temps, avec la rencontre de deux personnes « borderline » qui se retirent du monde. Ainsi, Juliette et Léo fuient leurs vies comme il fuient le mégafeu qui menace leur ville, une conséquence directe du changement climatique qui, à quelques mois près, aurait pu faire un écho parfait à ceux qu’a connu la ville de Los Angeles. Ils trouvent donc refuge dans les montagnes avoisinantes près d’un lac. D’un point de vue esthétique, cet album est très réussi. L’illustratrice restitue de façon assez incroyable le brasier, ses reflets et ses conséquences sur l’environnement, avec des aquarelles rouges et/ou grises selon les situations. Le ballet des corps qui courent dans la nature ou dansent sous l’aspect de volutes de feu sur des fonds blancs marque la rétine. Cependant, Cécile Guillard nous perd un peu à certains moments en ce qui concerne le récit et c’est bien dommage car les thématiques choisies étaient prometteuses.
Un récit esthétiquement beau qui pêche un petit peu par le récit.
Stéphane Girardot















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