© 2024 Steinkis
- Titre(s) : Pour l’amour de Monna Lisa – Le Plus grand vol du XXe siècle
- Scénariste(s) : Marco Rizzo
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Lelio Bonaccorso
- Editeur(s) : Steinkis
- Parution : Janvier 2024
- Prix : 18,00 €
- EAN : 9782368467589
Incroyable mais vrai ! Le lundi 21 août 1911, Vincenzo Perrugia, immigré italien travaillant au Musée du Louvre en tant qu’ouvrier vitrier de la Maison Gobier, dérobe tranquillement un petit tableau peu médiatisé du peintre Léonard de Vinci représentant une femme au regard énigmatique. Pour Vincenzo, qui souffre du racisme anti-italien en France, il s’agit avant tout de restituer à son pays d’origine une peinture qui lui revient de droit. Ainsi, pendant deux ans, il cache l’œuvre d’art sous le lit de sa modeste chambre de bonne parisienne avant de tenter de la monnayer à un renommé marchand d’art italien, Alfredo Geri. Attrapé en Italie en 1913, Vincenzo Perrugia est emprisonné et la peinture regagne le Louvre en 1914.
« Je suis Italien! Le Louvre est rempli d’œuvres de mes compatriotes! Sans les Italiens, ce maudit musée serait à moitié vide! »
La Gioconda ? Monna Lisa ? La Joconde ? Portrait de Mona Lisa ? Finalement, peu importe son appellation, tout le monde connaît cette toile du maître italien. Mais ce que l’on sait moins, ce sont les convoitises et les rancœurs qu’elle a suscitées au fil des siècles. Dans cet album intitulé Pour l’amour de Monna Lisa, le scénariste Marco Rizzo exhume un fait divers totalement impensable aujourd’hui. Il relate avec précision ce larcin rocambolesque ainsi que l’enquête et le procès qui suivirent, en insérant dans l’intrigue quelques éléments romanesques et oniriques, comme lorsque Vincenzo converse avec la Joconde qui prend les traits de sa belle Élisa. Didactique, cette BD livre également un témoignage instructif sur le contexte social (la discrimination envers les immigrés italiens ou africains) et sur la vie culturelle parisienne, en pointant les nombreuses failles du Louvre (vols récurrents et sécurité défaillante). Le dessin très animé et expressif de Lelio Bonaccorso ainsi que la pertinente mise en couleur sepia donnent la sensation de visionner un film d’animation. Le découpage dynamique, alternant gros plans et plans d’ensemble sur les décors et costumes d’époque ainsi que les faits et gestes des personnages représentés de façon tantôt réaliste, tantôt caricaturale, y est aussi pour beaucoup. Concernant le titre et donc le choix d’orthographier Monna avec deux N, les auteurs l’expliquent dans une postface documentée.
Une BD palpitante qui donne envie d’aller au Louvre admirer encore et toujours Monna Lisa !
Marie Chicaud











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