Les Moribonds, DUPRE LA TOUR ©Casterman, 2026
- Titre(s) : Les Moribonds
- Scénariste(s) - Dessinatrice(s) - Coloriste(s) : Florence Dupré La Tour
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Janvier 2026
- Prix : 21,95 €
- EAN : 9782203300019
Gabriel erre dans le ciel de Charleville-Mézières depuis lequel il constate jour après jour les dégâts causés par l’épidémie de morts-vivants. Il est seul et a faim car les humains se font de plus en plus rares dans la ville sinistrée. Décimés par les moribonds mais aussi par des congénères affamés, son cheptel s’amenuise. Il doit en prendre soin et le surveiller comme le lait sur le feu car de lui dépend sa survie. En effet, Gabriel est un vampire ! Au fil du temps, son statut de noble et la superbe qui lui est associée cèdent la place à celui d’un chaperon paternaliste, bien peu respecté par ses ouailles, obligé de travailler dur pour les nourrir. Est-ce que cela va durer longtemps ? Rien n’est moins sûr !
Florence Dupré La Tour aime les histoires de vampires et de zombies sous toutes leurs formes depuis toujours. Avec Les Moribonds, l’autrice combine les deux genres et se lance dans la fiction sans pour autant abandonner les histoires autobiographiques qui l’ont consacrée (Cruelle, Pucelle et Jumelle). En effet, Jeune et fauchée est sorti en simultané aux éditions Dargaud. Les Moribonds, qui est une fable politique grinçante tout autant qu’une satire mortelle, aborde la lutte des classes et la violence qui peut exister dans les rapports dominants/dominés à travers le prisme des relations entre humains, vampires et morts-vivants. L’autrice questionne également sur la notion de travail mais aussi celle de dépendance mutuelle. Ce concentré de série Z est assez jouissif car l’inversion des rôles qui s’opère au fil de l’eau est parfaitement mise en exergue. Où l’on voit Gabriel passer du statut de noble avec l’appellation de seigneur ou maître Gabriel à celui de pote à peine ou pas du tout respecté qualifié de « Gabby », « frérot » voire encore de « machin ». Graphiquement, Florence Dupré La Tour a fait des choix qui servent parfaitement l’histoire. Les yeux des personnages sont absents, ce qui fait que leur expressivité est concentrée au niveau de la bouche et des sourcils sur leur apparence très « smiley ». Les scènes de violence sont représentées sur fond blanc pour renforcer le côté comique. De plus, la palette de couleurs numériques est très pop, psychédélique et toxique en utilisant des teintes rouges, violettes, bleues et vertes très marquées qui contrastent fortement les unes avec les autres.
Une bande dessinée intelligente, drôle et très divertissante comme on les aime !
Stéphane Girardot















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