© 2024 Dupuis
- Titre(s) : Marée haute
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Isaac Sánchez
- Editeur(s) : Dupuis
- Collection : Grand public
- Parution : Juin 2024
- Prix : 23,50 €
- EAN : 9782808504911
Isaac est né en 1981 sur la côte espagnole, loin de l’image paradisiaque qu’on pourrait s’en faire. La mer étant polluée, les plages sont désertes et abandonnées. Les touristes doivent se rabattre sur les baños, établissements insolites proposant un restaurant et une piscine. Le petit garçon grandit dans l’un d’entre eux, situé à Badalone, au nord de Barcelone. Entouré de ses parents et de son frère aîné, Antonio, entre autres personnages variés et plus ou moins sympathiques, il déambule quotidiennement dans un lieu plein de vie, qui sent la cuisine et résonne au son des discussions animées.
Histoire tirée des souvenirs de l’auteur, Marée haute fleure bon l’authenticité, même si Isaac Sánchez ne prétend pas dire toute la vérité. Des photos de famille ouvrant les chapitres aux anecdotes qui les nourrissent, tout nous transporte sur la côte catalane d’il y a 30 ans, dans le quotidien d’une famille qui a ses joies, ses peines, et ses secrets. Fruit d’une démarche d’introspection, le point de vue du gamin devenu auteur n’est pas toujours simple à suivre. Qu’à cela ne tienne, la démarche est sincère et le dessin généreux et expressif jusque dans les nombreuses séquences oniriques. C’est une BD très vivante. Truffées de références qu’on appréciera davantage si on connaît bien l’Espagne, ces tranches de vie n’en méritaient pas moins une traduction française, la première concernant les œuvres de cet auteur. Elles offrent un cadre dépaysant que nous aident à comprendre une note de traduction et un glossaire bienvenus. Certes, la mémoire peut parfois déformer les événements, mais cela donne de belles histoires. Quand on a le talent de pouvoir témoigner en dessinant, pourquoi se priver, surtout si ça a des vertus thérapeutiques.
Une première œuvre (en français) pas forcément facile d’accès mais qui mérite le coup d’œil.
Nicolas Raduget












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