© 2025 Marabout
- Titre(s) : Lily Renée – Numéro 542
- Scénariste(s) : Arnaud Floc’h
- Dessinatrice(s) - Coloriste(s) : Janis Do
- Editeur(s) : Marabout
- Collection : Marabulles
- Parution : Août 2025
- Prix : 24,95 €
- EAN : 9782501163620
New York, 1944. Après plusieurs années de conflits et l’entrée en guerre du pays, les hommes manquent dans de nombreux domaines sur le sol des Etats-Unis. C’est notamment le cas des journaux et magazines, qui ont vu leurs illustrateurs partir. Pour maintenir l’activité, des femmes ont dû prendre le relais, en particulier chez Fiction House, une maison d’édition de bandes dessinées. Parmi les dessinatrices à l’oeuvre figurent Nina Albright, Fran Hopper, Marcia Snyder, ainsi qu’une jeune artiste autrichienne du nom de Lily Renée Wilhelm. Arnold, réformé pour un handicap physique, tombe sous son charme et cherche à percer la mélancolie qui émane de cette femme juive loin de son pays de naissance…
« Je suis… honteuse. Il s’en est passé, des choses vraiment pas jolies, chez nous, à Vienne…
– Si elles n’étaient pas jolies, c’est que tu n’y étais pas. »
Alors que les dessinatrices prennent de plus en plus la place qu’elles méritent dans le paysage de la bande dessinée (et des autres domaines, cela va sans dire), la reconnaissance de leur participation dans le passé peine encore à se faire. Le fait que les femmes aient été beaucoup moins nombreuses alors que l’industrie prenait son essor ne veut pas dire qu’elles étaient totalement absentes, tout comme leur influence, ce qu’Arnaud Floc’h rappelle dans cet album consacré à l’une des figures les plus touchantes de son époque. En relatant le destin de Lily Renée, inscrite au Temple de la Renommée Will-Eisner en 2021, un an avant sa disparition à l’âge vénérable de 101 ans, le scénariste retrace ces années durant lesquelles les éditeurs ont fait appel à des illustratrices pour leurs journaux, sans parfois même que les lecteurs connaissent leur genre, et aborde le difficile déracinement d’une jeune juive autrichienne en Amérique. Le sujet est donc fort sur de nombreux points, instructif et utile, même si on aurait aimé en savoir plus sur le fonctionnement des magazines durant la guerre. Plutôt que de renseigner sur les phases de création, le récit insiste beaucoup sur les dialogues dans la rue, dans des parcs ou des appartements, devenant vite un peu répétitif. Si le dessin de Janis Do est un peu figé, avec des visages en gros plan pas toujours convaincants, certaines séquences fonctionnent très bien et l’ambiance du lieu et de l’époque est joliment reconstituée.
Une biographie qui survole un peu son sujet mais permet de découvrir une artiste méconnue.
Arnaud Gueury







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