© 2025 Le Lombard
- Titre(s) : Ceux de la montagne
- Scénariste(s) : Frédéric Maffre
- Dessinatrice(s) : Ludovica Ceregatti
- Coloriste(s) : Julien Maffre
- Editeur(s) : Le Lombard
- Parution : Avril 2025
- Prix : 16,95 €
- EAN : 9782808211413
Dans les Pyrénées, 480 après Jésus-Christ. Jian et son père Attius cherchent du travail en tant qu’hommes d’armes ou gardes du corps. Alors qu’ils s’arrêtent dans une auberge pour se restaurer, ils sont mêlés à une altercation avant de quitter les lieux. En sortant, ils croisent un adolescent, Johann, qui les retrouve après avoir entendu le récit de l’aubergiste et leur propose de le suivre pour rencontrer son père, propriétaire des terres qu’ils foulent ayant besoin de combattants car trois bergers ont été retrouvés morts noyés ces dernières semaines. Les croyances de l’ancien légionnaire et de son fils, qui prient le Dieu unique, sont un peu en contradiction avec celles plus païennes de leurs hôtes mais le lendemain débute leur enquête avec le pisteur Léandre. Soudainement, Johann vient leur annoncer la disparition de nombreux enfants, dont Catalina, la fille de Léandre. Le doute n’est plus possible. Le Drac, un démon, est bien à l’origine de tout cela et le temps presse car il ne lui manque plus qu’une proie pour accomplir son rituel.
Avec Jian, nous avons ici l’exemple d’une création syncrétique parfaitement réussie. En effet, Frédéric Maffre mêle dans son scénario l’attrait pour le changement provoqué par la chute de l’Empire Romain (l’ascension du christianisme et la chute de paganisme), le wu xia pian (le film de héros martial), son cousin japonais le chanbara (Zatoïchi), le manga Lone Wolf & Cub et la mythologie pyrénéenne. En ajoutant la volonté de son frère Julien d’aller vers un récit minimaliste à l’image des jeux vidéo du studio From Software comme Dark Souls, cela donne Jian, dont le titre en lui-même a une signification importante puisqu’il est le prénom d’un des héros mais aussi le nom d’une épée longue chinoise dans le kung-fu shaolin. Cette aventure fantastique où Jian, le hun, est plein de mystère, tout autant que son épée, fait penser à Mulan pour le côté androgyne. Ce tome d’ouverture est particulièrement intéressant et invite à se projeter en ce qui concerne la suite, après cette première aventure qui est loin d’être la dernière. L’interprétation graphique confiée à l’illustratrice transalpine Ludovica Cereggatti est largement à la hauteur du récit. La finesse et le dynamisme de son trait le servent à merveille, bien aidés en cela par le storyboard et la mise en couleurs efficaces de Julien Maffre.
En regard de cette entame de série, la suite est attendue avec impatience.
Stéphane Girardot



















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