© 2026 Editions Delcourt
- Titre(s) : Hypersurveillance – Enquête sur les nouveaux outils de contrôle
- Scénariste(s) : Julie Scheibling
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Rémi Torregrossa
- Editeur(s) : Delcourt
- Parution : Janvier 2026
- Prix : 20,50 €
- EAN : 9782413085416
Alors qu’elle réfléchit avec son compagnon à une destination de vacances tranquille et reposante, Gaëlle s’étonne de retrouver le soir même des propositions de séjours correspondant à leurs désirs sur leurs deux smartphones. Inquiète d’être ainsi espionnée et peut-être écoutée, la jeune journaliste obtient de son chef l’autorisation de mener une enquête sur la surveillance moderne. La voici ainsi lancée sur les aspects méconnus et secrets des objets connectés du quotidien, l’utilisation des données personnelles et les outils utilisés dans le monde entier pour orienter les choix économiques, politiques et culturels…
« C’est trop tard, on a déjà renoncé à notre vie privée, et ça a pas bouleversé notre quotidien.
– Si! Sauf qu’on ne s’en rend pas compte parce que c’est virtuel. »
Parmi les très nombreux ouvrages sur le sujet – à croire que chaque éditeur tente d’avoir celui de référence au risque de laisser les lecteurs sceptiques sur leur orientation éditoriale tant les BD d’enquête prennent actuellement le pas sur la fiction au point de toutes se ressembler – Hypersurveillance a les mêmes défauts et qualités que les autres. C’est certes bien réalisé, avec des témoignages édifiants et des sources fiables et documentées sous le contrôle d’Amnesty International, et un dessin adroit qui réussit à rendre fluide un album qui enchaîne froidement des interviews, des graphiques et des portraits, Rémi Torregrossa montrant une fois de plus sa capacité à tirer le meilleur de registres très variés. Mais le sentiment qui prédomine est que la bande dessinée, en tant que média populaire et accessible, est sous-estimée au point de n’être pour certains qu’un point d’accès à quelque chose de plus important (ici, les documentaires et articles servant à nourrir le récit). Julie Scheibling orchestre davantage une succession de témoignages qu’un réel scénario, prétexte pour tout lier. Cet entre-deux laisse donc un peu de marbre malgré la pertinence du sujet.
Trop documenté pour son propre bien, pas assez vivant malgré un dessin de qualité, Hypersurveillance risque de manquer sa cible.
Arnaud Gueury












Réagissez !
Pas de réponses à “Hypersurveillance”