© 2026 Editions Delcourt
- Titre(s) : Les Evadés d’Alcatraz
- Scénariste(s) : Christopher Cantwell
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Tyler Crook
- Editeur(s) : Delcourt
- Collection : Contrebande
- Parution : Mars 2026
- Prix : 18,50 €
- EAN : 9782413093398
11 juin 1962. La baie de San Francisco est en alerte lorsque les gardiens de la prison d’Alcatraz constatent l’évasion de trois détenus. Frank Morris, à qui il a fallu deux ans pour mettre au point ce coup avec les frères Anglin et Allen West, n’est parvenu à atteindre la côte sur son radeau gonflable de fortune qu’avec Clarence, Allen n’étant pas parvenu à sortir de sa cellule et John s’étant noyé. Les deux hommes suivent alors un plan mûrement réfléchi, destiné à leur faire enfin découvrir ce qu’est la vraie liberté. Mais le chemin est long, périlleux, et leur nature violente et impulsive va à l’encontre du comportement à avoir en cavale…
« Si Clarence a peur, alors faites en sorte qu’il n’ait plus peur. Mais dites-moi, est-ce vraiment Clarence qui a peur, Frank? Vous n’allez pas me la faire à l’envers, n’est-ce pas? »
Sur le papier, découvrir la cavale fictive des évadés les plus célèbres de l’Histoire américaine, dont le plan avait notamment été adapté au cinéma par Don Siegel en 1979 (L’Evadé d’Alcatraz, avec Clint Eastwood dans le rôle de Frank Morris et le génial Patrick McGoohan en directeur sadique), avait tout de l’idée fabuleuse. On pouvait ainsi imaginer comment ces trois hommes, dont le destin restera à jamais inconnu, avaient pu survivre à leur traversée de la baie puis s’échapper sans laisser de traces. En choisissant vraisemblablement de s’éloigner du résultat des enquêtes officielles, Christopher Cantwell préfère concevoir une intrigue bien plus personnelle, très irréaliste et plutôt confuse. L’intervention d’une complice ayant tout préparé en amont est assez absurde et obscure – tout comme ses motivations – et le scénariste n’offre aucun flashback pour expliquer son arrivée dans la vie des protagonistes. La suite est tout aussi brouillonne, avec des rebondissements et des péripéties de romans de gare qui s’éloignent grandement de la réalité. Seule l’idée de mettre en parallèle la quête de liberté des fugitifs et celle des deux agents cachant leur homosexualité parvient à convaincre, même si ce n’est pas très subtil, que ça empiète beaucoup sur l’histoire que l’on était venu chercher et que le final est assez ridicule. Autant dire que les lecteurs avides d’une conclusion plausible et documentée à cette évasion rocambolesque qui fit fermer le pénitencier du « Rocher » risquent d’être déçus. Heureusement, l’album est porté par le graphisme toujours aussi agréable de Tyler Crook (Harrow County). Le dessinateur américain est un maître des ambiances étranges et des paysages campagnards, tout comme sa colorisation est un modèle du genre.
Une déception à la hauteur de l’attente.
Arnaud Gueury












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