© Dupuis, 2026
- Titre(s) : L’Escadron bleu, 1945
- Scénariste(s) : Virginie Ollagnier
- Dessinateur(s) : Yan Le Pon
- Coloriste(s) : Anne-Claire Thibaut-Jouvray
- Editeur(s) : Dupuis
- Collection : Aire Libre
- Parution : Janvier 2026
- Prix : 25,00 €
- EAN : 9791034768516
Madeleine Pauliac, pédiatre, s’engage dans la Résistance et contribue à libérer Paris. En avril 1945, alors que la fin du conflit s’annonce enfin, elle est envoyée à Moscou puis à Varsovie par le général de Gaulle avec un groupe d’infirmières-ambulancières pour assurer le rapatriement sanitaire des Français qui errent en Pologne. Certains sont encore retenus prisonniers quand d’autres ont été libérés par l’Armée Rouge. On découvre alors le travail de toute l’équipe de Violette Guillot, chef d’unité de cinq binômes composés chacun d’une conductrice et d’une infirmière : Jeannine Robert, Simone Saint-Olive, Aline Tschupp, Cécile Stiffler, Charlotte Pagès, Micheline Reveron, Jacqueline Heiniger, Élisabeth Blaise, Simone Braye et Françoise Lagrange sont les noms de ces héroïnes.
Après plusieurs adaptations (en documentaire et au cinéma avec le film Les Innocentes, d’Anne Fontaine), l’histoire de Madeleine Pauliac et de l’escadron bleu, initialement racontée par Philippe Maynial, prend vie en bande dessinée. Dans la foulée des récits de guerre, et de la locomotive éditoriale unanimement saluée qui concerne une autre Madeleine, résistante, Dupuis continue sa mission de proposer au grand public des témoignages bienvenus sur cette époque. Les aventures de cette unité mobile de la Croix-Rouge française permettent de mettre en lumière l’action relativement méconnue mais terriblement importante de ces femmes, et leur rôle dans le rapatriement de survivants esquintés, épuisés et traumatisés en France. Sans tomber dans la dramaturgie absolue, le récit de la prolifique et expérimentée Virginie Ollagnier montre bien le choc de la découverte des camps à la fin du conflit et les différentes tensions diplomatiques. Yan Le Pon rend une copie très soignée qui rend grâce à la bande de l’escadron et rend la lecture souvent joyeuse malgré le sujet. Avec Anne-Claire Thibaut-Jouvray, qui s’occupe des couleurs, ils ont mis au point un sympathique petit effet ocre sur les planches qui rappelle les films en couleurs de cette époque. Un dossier complémentaire riche en documents d’archives vient rappeler que les personnages de papier ont réellement existé et propose notamment d’émouvantes photographies qui ont servi de modèles au dessinateur. Notons pour finir que la version limitée, en bichromie, propose un découpage différent, qui suit la chronologie de A et Z et entretient davantage le suspense. La version classique, elle, choisit de dévoiler directement la fin, et propose des allers et retours. Les deux approches sont intéressantes.
Un pan méconnu de la fin de la Seconde Guerre mondiale mettant en avant la bravoure des femmes.
Nicolas Raduget







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