Présentes lors de la 8e édition du festival Groaaar au zoo de Mulhouse, nous avons pu échanger avec Isabelle Bauthian et Anne-Catherine Ott, revenant ainsi sur leur série Léonarde qui a su conquérir son public.
Bonjour Isabelle et Anne-Catherine. Merci de nous accorder quelques minutes au zoo de Mulhouse. Avant toute chose, j’aimerais savoir ce que ça fait de dédicacer ici, avec les animaux autour.
Isabelle Bauthian : C’est juste magnifique ! On a même l’occasion de pouvoir rencontrer les animaux, on va pouvoir faire une visite aux girafes notamment, c’est un vrai plaisir !
Anne-Catherine Ott : Pour ma part, j’ai l’impression d’avoir à nouveau 4 ans ! Être avec les animaux, c’est un véritable bonheur. Les girafes, l’okapi… C’est très très chouette !
On va quand même parler de Léonarde. Comment est venue l’idée de cette héroïne ?
IB : Alors Léonarde, c’est très compliqué de me rappeler parce que c’est une idée que j’avais eu quand j’avais peut-être 5 ou 6 ans. Je jouais Léonarde dans les forêts vosgiennes avec mes cousins, j’avais inventé ça et mes cousins jouaient les princes et princesses, évidemment j’étais Léonarde. Mais c’était un peu plus premier degré avec un peu moins d’humour et, en fait, quand je suis devenue autrice de BD, je me suis rappelée de cette histoire et je me suis dit « ça pourrait être cool, ça mériterait quand même vraiment, je pense, de tenter d’en faire une histoire ! » Et puis voilà !
Et donc, Anne-Catherine, quand le projet est arrivé, c’était comment ?
ACO : En fait, c’est moi qui suis venue vers Isabelle après avoir fini une BD qui était à nouveau dans un univers un peu sombre et surtout urbain, et je n’aime pas trop dessiner la ville, donc je lui ai demandé « Qu’est-ce que tu as comme projet qui ne se passe surtout pas en ville et qui soit un peu léger dans tes cartons ? ». Et donc elle m’a proposé Léonarde et j’ai dit « Banco ! ». Ça m’a bien tentée et on est parti là-dessus !
Après, il y a eu les premières rencontres avec les lecteurs, j’imagine, notamment dans les festivals.
IB : En fait, on a eu beaucoup de chance, on ne va pas se mentir, parce qu’on a été sélectionné pour un prix à Angoulême, qu’on a eu d’ailleurs, c’était le prix des lecteurs des écoles, en école primaire. L’album fonctionnait déjà pas mal mais ça a vraiment donné un bon coup de projecteur. Et puis c’est toujours cool parce que ça fait partie des prix du public. Les prix du jury, c’est toujours sympa aussi, c’est vrai, d’avoir la reconnaissance de nos pairs pour la qualité technique ou artistique mais quand c’est les gens pour qui on a écrit et dessiné le bouquin qui nous disent « Ah on a aimé suffisamment pour lui donner un prix », alors forcément c’est super positif !
Ça a permis ensuite la sortie du tome 2 pour continuer les aventures de Léonarde avec le même accueil.
IB : L’accueil est bon. Le tome 2, on l’a fait signer avant même que le tome 1 ne sorte. En fait, les éditions Drakoo ont un pool de relecteurs qui avait été très enthousiaste et ils se sont dits « Ben allez c’est bon, on part sur une série directement ! » Donc on a beaucoup de chance là-dessus. Là, Anne-Catherine vient de finir de dessiner le troisième et moi je vais commencer le scénario du quatrième, il y en a au moins quatre !
Le tome 3 est annoncé pour le 16 septembre, qu’est-ce qu’on peut dire sans trop spoiler ?
IB : Alors le tome 3 est sur une autre légende vosgienne, parce que le tome 1 c’était une légende vosgienne, le tome 2 c’est une légende alsacienne, le tome 3 on retourne dans les Vosges… Enfin, des Vosges fictionnelles, bien sûr. Et ça va être une autre légende, je risque de spoiler si je dis laquelle, mais c’est une légende qui prend sa source vers Gérardmer. J’en profite pour dire aux gens que c’est « Gérardmé » et donc pas « Gérardmère » !
Et donc le tome 4 également prévu…
IB : Avec une autre légende vosgienne, qui sera la légende de la fée Polybotte. Mais ce ne sera pas pour tout de suite, je laisse sortir le 3, j’ai un scénario à commencer avant et ensuite je fais le scénario du 4. On verra ça à la rentrée je pense, tranquillement.
Le dessin est plus agréable dans les Vosges plutôt que dans les villes, si j’ai bien compris.
ACO : Ouais, franchement c’est quand même… Je ne suis pas très forte en architecture ou sur les trucs comme ça, les véhicules, donc même si je galère un peu sur les chevaux, je préfère quand même les faire par rapport aux voitures ! Et puis il n’y en a pas tant que ça dans les albums. Mais on a une scène rigolote avec un cheval !
Ça on peut le dire sans que ça soit un spoil !
ACO : On va dire que j’ai plus de facilité à dessiner un cheval débile qu’un cheval sérieux. Là-dessus je n’ai pas de souci !
IB : C’est vrai qu’on peut les déformer un peu.
ACO : Quand j’ai le droit de faire n’importe quoi, ça va, je suis dans mon élément.
Comme Isabelle parlait de projet de scénario, Anne-Catherine, y a-t-il un autre projet avant de commencer le tome 4 ?
ACO : Alors là ce n’est pas possible ! Je n’ai juste pas le temps !
IB : C’est plus long pour les dessinateurs !
ACO : Matériellement je ne vois pas comment je pourrais faire quelque chose en même temps que ça !
Merci encore pour cet entretien.
Propos recueillis par Laurent Muret
Interview réalisée le 13 juin 2026









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