© Casterman, 2025
- Titre(s) : Le Jour d’avant
- Scénariste(s) : Martin Quenehen
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Bastien Vivès
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Octobre 2025
- Prix : 22,00 €
- EAN : 9782203295469
Sydney, 2 mars 2022. Corto Maltese est en direction de l’aéroport de Wollongong lorsqu’il se ravise et prend la sortie menant à Redfern Blue Mountains où se trouve son ancien compagnon pirate Marcus, en pleine addiction narcotique. Corto essaye de lui filer un coup de main mais, alors qu’il regagne son véhicule pour prendre son avion, il est pris en otage par Teana, une avocate, et une ex-SAS nommée Piper. Elles ont besoin de Corto pour libérer une ecowarrior arrêtée sur les îles Tuvalu lors d’une manifestation. D’origine chinoise, elle risque gros car elle peut être remise aux autorités de son pays, ce qui équivaut à signer son arrêt de mort. C’est pour cela que la jeune femme a soufflé le nom de Corto à son avocate. Tout du moins, elle a donné le nom de Ai-Ling, une vieille connaissance du marin, comme étant le sien, un élément qui le décide à s’engager dans cette mission. Et pourquoi ne pas emmener Marcus avec lui afin de le sortir de son marasme ? Son hydravion sera bien utile malgré sa vétusté. Une fois récupéré auprès de ceux qui l’ont pris en gage, le groupe s’envole pour les îles Tuvalu pour libérer la jeune femme.
Après 2001 et 2002, Martin Quenehen projette Corto Maltese en 2022 pour une nouvelle aventure engagée où des thèmes très forts sont abordés. Il y est question notamment du réchauffement climatique provoquant la montée des eaux qui menace les îles Tuvalu situées dans l’océan Pacifique (plus de 80% des habitants demande un visa climatique à l’Australie), des ecowarriors ainsi que de leurs actions, du 7e continent de plastique qui est un vortex de déchets, du gyre subtropical du Pacifique nord et de l’expansionnisme chinois qui coince le petit état entre la Pacifique et la Chine. Le scénariste démarre fort ce nouvel opus en ramenant sur le devant de la scène Marcus, ce qui permet de parler d’emblée d’un autre sujet également d’actualité : l’addiction aux drogues. L’ensemble est parfaitement agencé et entraîne sans mal les lecteurs dans ce récit qui respecte comme précédemment l’esprit originel de la série et offre la possibilité d’une réflexion philosophique lors de certains échanges entre divers personnages. Cette réalité frappante est mise en images par Bastien Vivès, de plus en plus à l’aise avec le personnage de Corto Maltese, qui le fait subtilement évoluer graphiquement. Le trait de l’illustrateur est toujours aussi efficace et poursuit sa contribution à la modernisation de ce héros mythique du 9e Art.
Pour ce troisième tour de piste avec Corto Maltese, Martin Quenehen et Bastien Vivès frappent fort et juste !
Stéphane Girardot















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