Dans la bulle de… Dav

Par | le 25 mars 2015 |

« Quand le 7e art rencontre le 9e art »… Voici notre troisième rencontre lors de la préparation du festival cinéma de Cholet, celle de Dav, dessinateur spécialisé jeunesse qui nous reçoit chez lui.

© La Ribambulle

Dav, bonjour, merci d’accepter de nous recevoir dans votre studio, ici, au sein des locaux de l’association Les Z’Aérographes. Vous venez tout juste de sortir votre dernier album, Appa, aux éditions BambooAlors ? BD ou Manga ? 

Aaah, est-ce une BD ? Est-ce un Manga? Et bien en fait, c’est les deux puisque une des originalités de ce titre est d’être disponible simultanément sous le format Manga, mais aussi en version album «classique» franco-belge. Les deux histoires sont identiques, mais en fonction des découpages spécifiques, certains gags sont présents ou pas.

Comment a commencé votre carrière ? Quel a été votre parcours de formation ?

© Bamboo Editions

Alors… (sourires) Tout a commencé en 1994, j’étais en seconde, dessinateur au journal du lycée. A cette période, l’association choletaise Les Z’Aérographes se montait, avec le projet de mettre en place un fanzine qui s’appelle Le Rhinolophe. Je me suis trouvé recruté dans l’équipe qui recherchait des dessinateurs locaux, et voilà (sourires). Cela me permit, au cours de festivals, de rencontrer le scénariste Curd Ridel qui me proposa mon premier album, Django Renard, chez l’éditeur Bamboo. Entre-temps, je dessinais dans des revues de presse comme le Journal de Mickey, Lanfeust Mag’, Spirou. Ensuite, j’ai signé une série d’albums chez Soleil (Les Aventures du Gottferdom Studio, Les Garnimos…) chez qui je suis resté une dizaine d’années.

Vous dessinez souvent des sujets relatifs aux enfants. Pourquoi ce choix ?

Je suis plutôt spécialisé «jeunesse» tout simplement parce que j’adore les gamins. J’étais animateur en centre aéré, et j’ai toujours apprécié de travailler pour les enfants. L’univers des «petits» me paraît tellement plus drôle. Pourquoi faire du sérieux ? J’ai toujours aimé «déconner» (sourires), et je pense que cela se ressent au travers de mes albums.

 

Quelles sont vos influences ? Vos sources d’inspiration ?

Mes modèles ont toujours été des dessinateurs plutôt comiques, comme Manu Larcenet à ses débuts, Roger Widenlocher pour Nabuchodinosaure et Pierre Tranchand pour Marine, et même Les Profs. J’ai toujours adoré leurs gags, et je m’en suis beaucoup inspiré. Ce sont des gens dont j’ai toujours beaucoup aimé le travail, et naturellement, je me suis tourné vers ce que je connaissais le plus, c’est à dire les enfants. Et puis, c’est un public qui se renouvelle : à mon sens, les adultes lisent de moins en moins de BD tandis que les jeunes, eux, en consomment beaucoup. Je suis très bien à faire des BD pour les enfants, je trouve cela super (sourires).

Sur les adaptations filmées des personnages de bande dessinée (ou de littérature), laquelle désireriez-vous voir portée à l’écran ?

Là, comme cela, spontanément… je ne vois pas… Je ne vois pas, et cela m’inquiète, parce que je trouve qu’en adaptation cinématographique de personnage de BD, il n’y a rien eu de vraiment extraordinaire. A part peut être le Astérix d’Alain Chabat, mais il s’agissait un peu de faire de l’humour façon «Les Nuls». En belle réussite, il y aurait aussi Watchmen, qui respectait bien l’univers d’origine, 300 également. Ou alors, il y aurait de belles possibilités sur le film d’animation, pour des projets comme Le Domaine des dieux de Alexandre Astier. Personnellement, j’aurais adoré voir une belle adaptation de Akira. C’est un manga que j’ai beaucoup aimé, et je crois savoir qu’il y a des projets en cours, mais j’ai un peu peur du résultat quand on sait que le modèle original n’est pas respecté. Non, une bonne adaptation, c’est compliqué.

Le 04 Avril prochain vous participez à l’animation à la Médiathèque de Cholet «Une nouvelle dessinée», où vous allez dessiner spontanément en public une lecture du nouvelliste Nicolas Coublac. Est-ce que ce sera un challenge pour vous ? 

Les rencontres avec le public ne sont jamais un défi, j’ai toujours apprécié ce contact. Là, ce qui risque d’être impressionnant pour moi, c’est de travailler «sans filet» en direct. Le fait de dessiner cette lecture spontanément, sous le regard des gens, je ne l’ai jamais fait. Cela ne m’inquiète pas encore. (sourires) Je suis très curieux de voir ce que cela va donner sur un «conte adulte». Je l’avais déjà fait pour des enfants, mais le contexte était différent. J’ai hâte de voir ça, cela va me sortir de mes planches de BD (sourires).

Changerez-vous d’univers graphique dans de prochains projets ?

Pour l’animation, on verra en fonction du conte. Pour le reste, non ! Tous mes projets immédiats sont orientés vers les enfants, l’univers jeunesse. En ce qui concerne mon blog, pas de surprises non plus à attendre de ce côté-là. J’ai d’autres idées pour plus tard, mais je préfère finir ce que j’ai en cours, patience… (Sourires)

Dav, merci beaucoup de nous avoir reçus.

Propos recueillis par Joël Leroy

Interview réalisée le 13 mars 2015

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Joël Leroy

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