Baru © 2026 Casterman
- Titre(s) : L’Autoroute du soleil
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Baru
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Janvier 2026
- Prix : 30,00 €
- EAN : 9782203302174
À Nancy, après deux jours d’acharnement répété des artificiers, le dernier haut fourneau de « La Lorraine des Aciers » tire sa révérence devant les yeux des anciens sidérurgistes. En retrait, Alex Barbiéri et Karim Kemal assistent également à la chute du « 18 » tout en discutant. Alex a 17 ans et voue une admiration sans limite à Karim qui, derrière son look très rockabilly et sa mauvaise réputation, est un véritable séducteur. Aucune femme ne lui résiste et son choix se porte souvent sur des femmes très belles mais surtout très riches comme celle du docteur Raoul Faurissier. D’ailleurs, ce dernier n’est pas chez lui ce soir car il attend son heure de gloire lors du meeting du chef suprême du parti d’extrême droite qui vient le désigner comme candidat officiel pour les élections régionales. Mais rien ne se passe comme prévu et sa candidature tombe à l’eau. Pour couronner le tout, il surprend son épouse au lit avec Karim ! Alexandre, qui a essayé de prévenir son pote, se retrouve embarqué à ses côtés dans une chasse à l’homme où ils sont le gibier de la Lorraine aux plages de la Côte d’Azur, le long de l’autoroute du soleil.
L’histoire de L’Autoroute du Soleil n’est pas banale car il s’agit d’une commande de l’éditeur japonais Kōdansha pour son magazine Morning faite à Baru après leur rencontre en 1985 alors qu’il vient tout juste d’obtenir l’Alfred du meilleur premier album à Angoulême pour le premier tome de Quéquette Blues. L’auteur propose une histoire – non inédite car basée/dérivée de Cours, camarade ! (1988, Albin Michel) – qui sera donc publiée en premier au Japon entre 1991 et 1994, puis édité en France chez Casterman en 1995. Ce récit obtient l’Alph-art du meilleur album l’année suivante. Pour la petite anecdote, Baru sera aussi Grand Prix de la Ville d’Angoulême en 2010. Trente ans après et trois récompenses angoumoisines plus tard pour Baru, les éditions Casterman éditent cette nouvelle version de la BD qui a été parmi les précurseurs du roman graphique et n’a rien perdu de ses qualités intrinsèques. La narration est toujours aussi percutante et la pertinence politique est malheureusement encore d’actualité. Pompon sur la Garonne, l’épilogue de trois pages paru dans la revue (À Suivre) en décembre 1997 sous forme d’hommage clôt cette réédition, dans une qualité moindre signalée par une note aux lecteurs. Et pour cause, ce ne sont que des scans de celles présentes dans le magazine dans la mesure où les planches originales n’ont pas été retrouvées. Saluons aussi la maquette qui, à l’instar des mangas, présente une couverture souple et une jaquette ornée d’une illustration originale pour l’occasion, sans oublier le dossier d’introduction de cinq pages signé Baru qui fait office de préface et de bonus d’ouverture d’exception.
Une belle façon de (re)découvrir ce chef d’oeuvre réalisé par un des auteurs majeurs du 9e Art.
Stéphane Girardot















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