Hachmang © 2025 Casterman
- Titre(s) : L’Arpenteur
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Viktor Hachmang
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Janvier 2025
- Prix : 20,00 €
- EAN : 9782203276529
Temporalité : futur lointain. L’Humanité vit désormais sur une planète totalement artificielle et suspendue au-dessus de la Terre, qui en est devenue la décharge. Geo, un éboueur de l’espace, vient justement de prendre une mission auprès de son supérieur pour acheminer une livraison de six bennes de déchets sur le site de traitement des ordures terrannes. À cause d’un incident apparemment technique, il s’échoue sur la planète anciennement dite bleue. Geo est sain et sauf mais son vaisseau est complètement hors-service. Il n’a donc plus aucun moyen de quitter cet environnement hostile. S’engage alors pour lui une lutte afin de survivre au milieu des ruines, des détritus, des étendues d’eau polluées et de quelques rares squelettes. D’ailleurs, entre les doigts crispés du premier d’entre eux, le naufragé spatial trouve un exemplaire de La Tempête, la pièce en cinq actes du dramaturge britannique William Shakespeare, qui le fascine et va l’accompagner tout au long des épreuves de son nouveau quotidien. D’ailleurs, sa présence sur Terre est-elle réellement accidentelle ?
L’Arpenteur est assurément une des très belles surprises de ce début d’année. En effet, le designer, illustrateur et artiste néerlandais Viktor Hachmang y développe un récit de science-fiction digne des meilleurs récits du genre, qui puise une partie de son inspiration de l’incontournable Métal Hurlant. Si le devenir de la Terre que l’auteur propose comme base de départ est clairement dystopique, il n’en est pas moins qu’il est tout à fait plausible en regard de la situation actuelle de notre belle planète bleue, véritable allégorie de ce que pourrait être le monde de demain si les climato-sceptiques continuent leur travail de sape. L’auteur découpe l’histoire en quatre chapitres intitulés comme les quatre saisons et nous fait donc vivre une année de l’errance terrestre de Geo, l’Arpenteur. Du fait de sa solitude forcée et irréversible, il cogite, se raccroche au livre trouvé, La Tempête, et son psychisme en vient même à donner vie à l’un des personnages de l’oeuvre de Shakespeare, Ariel, l’esprit positif de l’air et du souffle de vie maîtrisé par Prospero, que l’éboueur de l’espace croit voir puis rencontre finalement (mise en abyme). La retranscription graphique qui en est proposée est au diapason avec un caractère protéiforme marquant (croisement entre BD et Beaux-Arts), des mises en page originales et une colorisation qui use de teintes fluorescentes, c’est-à-dire des couleurs chimiques et non-naturelles en phase avec l’univers ambiant.
Une oeuvre percutante à découvrir qui apporte, avec humilité et conviction, sa pierre à l’édifice SF !
Stéphane Girardot










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