@ Casterman 2026
- Titre(s) : Ce monde n’existe pas
- Scénariste(s) : Martin Quenehen
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Antoine Cossé
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Mars 2026
- Prix : 25,00 €
- EAN : 9782203287600
XIXe siècle. Très tôt moqué et en marge dans son enfance, le monde n’a jamais voulu de Jules Brunet. Accusé à tort d’un crime qu’il n’a pas commis, il est à la prison de la Petite Roquette à Paris en 1861. Cependant, à l’approche de sa majorité, il se voit offrir une porte de sortie afin d’éviter l’échafaud. Pour ce faire, il accepte de s’engager dans les bataillons disciplinaires de l’armée de Napoléon III et participe à des campagnes militaires comme celle du Mexique en 1862. Puis, par amour pour la patrie mais surtout à la suite de la trahison d’Aurore, celle qu’il aime, il accepte d’aller au Japon en pleine ère Meiji en 1868. Il prend la décision de s’y exiler pour se livrer au trafic d’armes et trahit à son tour en ralliant l’ennemi de l’empereur du Japon en soutien duquel était venu son bataillon. Alors qu’il s’apprête à commettre un geste irréparable, il fait la rencontre de Toshizō Hijikata, en route le pour le nord afin de créer une nouvelle république, celle d’Ezo. Bien plus tard, Jules croise la route d’une courtisane dont il tombe amoureux dans une société encore ancrée dans la Moyen-Âge et qui est la narratrice de ce récit qu’elle transmet selon les propos de son aimé !
Avec Ce monde n’existe pas, Martin Quenehen (Corto Maltese) propose un roman graphique à la fois violent et romantique qui se base sur des personnages réels et des faits historiques quelque peu détournés. En effet. Jules Brunet a bien existé et était un officier français de l’armée napoléonienne qui a notamment participé à la mission militaire française au Japon de 1867 à 1868, première mission militaire occidentale au pays du soleil levant qui fut constituée à l’initiative de Napoléon III à la suite d’une requête du shogun Yoshinobu Tokugawa. Là est la petite différence que le scénariste introduit dans son histoire car le lieutenant du régiment d’artillerie à cheval et son bataillon sont envoyés ici pour aider le grand Mikado, ancien terme désignant l’empereur du Japon, à l’époque Meiji. Tout cela est fait pour ajouter un ressort dramatique via la trahison de Jules – à cause de l’amour – qui décide de rejoindre l’ennemi. Il fait alors la connaissance d’un autre personnage historique, Toshizō Hijikata, surnommé le vice-commandant démoniaque du Shinsengumi, un des dirigeants/créateurs de la République éphémère d’Ezo (Hokkaidō). Hommage indirect à Hiroaki Samura et son Habitant de l’infini ? Toujours est-il que la trame scénaristique de Martin Quenehen est très intéressante, instructive et dynamisée par de fréquents changements de temporalités. L’ensemble bénéficie d’une mise en images au style assez singulier et personnel proposée par Antoine Cossé (Le Retour). Le trait faussement simple du dessinateur est parfaitement rehaussé par une colorisation directe au résultat marquant et très évocateur. Citons notamment deux illustrations pleine page qui mettent en scène Toshizō Hijikata maniant son sabre ou encore plusieurs cases très proches des estampes japonaises érotiques qui illustrent l’intimité de Jules et Shizuka.
Un récit original et réussi où le fond historique ajoute un attrait supplémentaire indéniable !
Stéphane Girardot












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