© Casterman 2025
- Titre(s) : Se perdre au bout du monde & En lieu sûr
- Scénariste(s) : Matthew Rosenberg
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Tyler Boss
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Août & Septembre 2025
- Prix : 25,95 €
- EAN : 9782203242319, 9782203272996
Le monde tel que nous le connaissions n’existe plus. Désormais, il ne reste plus que des bandes d’ados qui vivent ou plutôt survivent dans des quartiers où ils occupent des bâtiments en ruines qu’ils défendent avec fermeté mais aussi avec violence quand cela est nécessaire. Ainsi, plusieurs familles cohabitent, comme celle du Collège à laquelle appartiennent Sid et Prufrock. Justement, les deux jeunes gens rejoignent leurs amis après une discussion lorsque quelqu’un tambourine à leur porte. La surprise est totale en constatant qu’il s’agit de Slug, un ancien membre de la famille, parti car devenu adulte. Pourchassé et blessé, il est revenu des friches, où il a tout trouvé, pour donner quelque chose à Sid avant qu’il ne soit trop tard : une carte. C’est la preuve nécessaire qui convainc la jeune fille de quitter le cocon familial et va l’aider à parcourir les territoires inconnus menant à la Ville. Le lendemain de sa disparition, c’est la branle-bas de combat. Alabama et les autres membres du groupe sont prêts à tout risquer pour la retrouver dans cet univers où les autres familles, les Étrangers et les Gardiens, sont de véritables dangers !
Ces deux premiers tomes (sur trois) de C’est où, le plus loin d’ici ?, comptant au total 10 actes subdivisés en 58 chapitres de longueurs diverses et variées, proposent un récit très prenant et assez original. Le scénariste américain Matthew Rosenberg (DC Vampires: World War V) y imagine un futur proche et post-apocalyptique où les adultes ont quasi disparu et où les nombreuses familles ne sont composées que d’adolescents. Le focus est fait sur l’une d’elle en particulier, le Collège, et plus particulièrement sur l’aventure personnelle de l’une de ses membres, Sid, qui est enceinte sans savoir ce qui lui arrive. Cette oeuvre est une véritable ode à l’amitié, un hommage au genre « survival » et aux vinyles qui sont définis comme les « dieux » de la famille du Collège. En effet, chaque ado a son dieu incarné par un vinyle qu’il choisit lui-même. On voit d’ailleurs Sid choisir le sien (Private Eyes de Daryl Hall et John Oates) dans la première séquence du premier opus. L’ensemble de l’histoire est très rythmé et ne manque pas de coups de théâtre. L’auteur fait preuve d’une belle imagination en offrant une diversité importante en ce qui concerne la caractérisation des protagonistes. Outre les David du clan du Supermarché, les Ferrailleurs, le Gars en Bleu, les Cochons de Big Business, les Sauvages, entre autres, il y a les Étrangers, craints de tous, qui interrogent fortement quant à leurs desseins. Bien évidemment, cette dystopie pousse au questionnement sur le devenir de l’humanité dans une telle situation. Graphiquement, Tyler Boss (Never Go Home) en réalise une interprétation dans la plus pure tradition des comics. La prestation du dessinateur d’outre-Atlantique bien qu’elle soit très dynamique et plaisante dans son ensemble, est parfois irrégulière sur certains personnages. La mise en couleurs quant à elle est assurée par ses soins avec l’assistance de Clare Dezutti et Shycheeks. À noter que la première partie a une pagination plus importante que la deuxième, d’où la différence tarifaire entre les deux (25,95 € contre 20€). De plus, chaque album est conclu par une galerie de couvertures alternatives réalisées par d’autres auteurs comme Sweeney Boo, Emily Pearson, Gerry Duggan, Lane Lloyd ou encore Zoe Thorogood sans être exhaustif.
Ces deux premiers tomes augurent de belles choses pour la suite et fin de cette trilogie.
Stéphane Girardot
Volume un :
Volume deux :





















Réagissez !
Pas de réponses à “C’est où, le plus loin d’ici ? #1-2”