- Titre(s) : Billy Lavigne
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Anthony Pastor
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Mars 2025
- Prix : 22,00 €
- EAN : 9782203257283
Clarendon, comté de Donley, Texas, 1893. Le puissant éleveur Louis Ford et son factotum Magnus Thorpe forcent Keller à creuser la tombe de Maggie en attendant l’arrivée du shérif et du croque-mort. Une fois sur place, l’homme de loi l’interroge sur les conditions dans lesquelles elle a perdu la vie. Pendant ce temps, ils l’enterrent dans le pré à côté de sa cabane car le révérend ne veut pas d’elle derrière l’église. Malheureusement, Billy Lavigne arrive trop tard pour assister à l’enterrement de sa mère et cherche à savoir ce qu’il s’est réellement passé. Comme Ford et Thorpe, qui ont tous les deux aimé Maggie par le passé, il a des doutes sur Keller. Les deux hommes font ce qu’il faut pour lui car ils voient en Billy non pas un fils mais un héritier capable de reprendre le ranch et l’ont formé jusqu’à ce qu’il devienne le meilleur cow-boy de la région. Cependant, entre sa volonté de liberté, la quête de ses origines et la mort de sa mère, Billy ne sait plus trop quelle est la bonne décision à prendre. Rester à Clarendon pour hériter du ranch et couvrir les agissements de ses « protecteurs », ou partir pour y échapper et ne pas se faire manger l’âme ?
Après le terrible huis clos au lavis bleu monochrome de La Femme à l’étoile, Anthony Pastor revient chez Casterman avec le deuxième volet de sa trilogie western : Billy Lavigne. Le point de départ de ce nouveau one-shot est un féminicide, celui de Maggie, que des stéréotypes du patriarcat de l’époque – Ford et Thorpe – cherchent à couvrir comme ils l’ont déjà fait pour nombre de leurs crimes. Pourtant, ils ne sont pas coupables de ce drame-là. Et le retour de Billy, le fils prodigue, ne se passe pas comme prévu ! Le résultat est encore une fois époustouflant et des plus efficaces. Le scénario proposé est plus concentré que La Femme à l’étoile (146 planches) et laisse plus de place à l’image. Conçu en lisant et en écoutant les chansons de Bob Dylan (avec dans l’oreille All Along the Watchtower), le scénariste a posé une voix off comme une partition, au refrain entêtant : « Ouvre les yeux, Billy ! », qui accompagne ce récit où les textes ne sont pas très nombreux mais très pertinents. Refus de l’héritage des pères/pairs, émancipation, recherche du père, quête de la paix intérieure sont les thèmes abordés dans l’idée de renouveler « l’idéologie virile sous-jacente » du genre. Graphiquement, Anthony Pastor livre une masterclass où l’ensemble des décors constitue un personnage à part entière, où chaque vignette, chaque illustration, est un véritable tableau dans lequel l’encre et l’aquarelle magnifient les paysages sous les influences de Van Gogh. Une autre référence artistique intégrée et digérée se retrouve sur la couverture avec le pendant de L’Officier de chasseurs à cheval de la Garde impériale chargeant de Géricault – version western – avec la notion de refus signifiée par la posture.
Une pépite à tout point de vue qui donne l’eau à la bouche pour le troisième volet de cette trilogie, Retour au Yellowstone, sur lequel Anthony Pastor travaille déjà !
Stéphane Girardot















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