Yves Rodier a beau être né Outre-Atlantique, dans la province de Québec, il est un pur produit de la bande dessinée franco-belge. Élevé aux recueils des journaux Tintin, Spirou et autres Pif Gadget, il développe un goût immodéré pour le trait classique. À tel point que, lorsqu’il tombe sur les croquis de Tintin et l’Alph’Art, il décide de l’achever lui-même. Il ne peut évidemment publier cet ouvrage, mais il lui sert de carte de visite auprès de ses homologues européens. Il lui permet aussi quelques belles rencontres et même quelques propositions de travail. La parution éphémère de Mille et Rousseau lui permet de réaliser son rêve d’enfance et de développer un graphisme plus proche de l’école de Marcinelle, plus nerveux mais d’une clarté narrative indiscutable. Par la suite, Yves Rodier effectue divers allers-retours entre le Québec et l’Europe, entre le dessin animé et la bande dessinée. Il lui arrive même souvent de marier les deux, puisqu’il travaille sur les adaptations audiovisuelles de Papyrus, Heavy Metal ou bien encore La Mouche de Lewis Trondheim. Néanmoins, sa préférence va toujours aux planches et aux cases. Sa rencontre avec Frédéric Antoine lui permet de créer El Spectro, fabuleux hommage aux héros des années 1950. © Le Lombard








