© Casterman, 2026
- Titre(s) : Cécile la shérif
- Scénariste(s) : Victor Coutard
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Walter Guissard
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Mars 2026
- Prix : 24,00 €
- EAN : 9782203293342
1851, Orléans. Libre, rebelle, éprise de justice et de liberté, Cécile n’a qu’un rêve : devenir la première femme magistrate de France. Malheureusement pour elle, même si son père est procureur, cela est inconvenant, malvenu et surtout interdit par la loi. Ses discussions sur le sujet aboutissent toujours par une fin de non-recevoir car cette fonction est l’apanage des hommes exclusivement. Habituée de l’école buissonnière et ayant un don pour la fuite, la jeune femme se rend le soir-même à la Jument verte pour que jeunesse se fasse. Avec ses amis de soirée, elle fait la connaissance de Louis-Moreau Gottschalk, un compositeur, poète et aventurier américain, mais leur rencontre tourne vite au vinaigre. Arrêtés ensemble, ils s’évadent grâce l’habileté du maestro. Après une nouvelle nuit arrosée et un discours d’Abd El Kader, détenu depuis deux ans à la prison dorée du château d’Amboise, celle que tout monde appelle « Maître » décide de quitter le territoire français pour se rendre en Amérique, plus précisément à la Nouvelle-Orléans, où tout semble possible en pleine ruée vers l’or. Sur ces terres inconnues et à la suite de péripéties au cours desquelles son sens de la justice est éprouvé, le destin lui accroche une étoile de shérif au revers de son manteau dans le comté de Mobile !
Avec ce récit d’aventure haut en couleur qui revisite le western, Victor Coutard et Walter Guissard signent ici leur première bande dessinée avec un certain panache. Les auteurs mettent en scène de façon originale deux personnages qui cherchent une certaine reconnaissance, Cécile Béquignon-Lagarde et Louis-Moreau Gottschack, et cela sur deux continents différents, en France puis aux États-Unis. Le récit imaginé par Victor Coutard est très engagé quant à la question de la femme dans certains secteurs d’activité et pousse à la réflexion sur la place du droit dans nos sociétés. Le rythme narratif est assez élevé et l’ensemble ne manque pas de coups de théâtre. Pour créer cette fiction, le jeune scénariste s’appuie sur des faits réels qu’il place judicieusement, comme la présence d’Abd El Kader à la prison du château d’Amboise et l’invention de d’Édouard-Léon Scott de Martinville, le phonautographe. Et puis il y a les clins d’œil (Cécile est le prénom de sa maman, avocate pénaliste, et le nom de l’héroïne est empruntée à la première magistrate de France en 1946) et quelques citations d’auteurs prestigieux bien placées (Montesquieu, Victor Hugo…). Graphiquement, Walter Guissard a déjà une identité très marquée. Son dessin au style aérien et ultra fluide emprunte autant au manga qu’au comics ou encore au franco-belge pour évoluer à merveille dans des mises en scène très cinématographiques qui ne manquent pas d’efficacité.
Une première création originale et réussie dans laquelle Victor Coutard et Walter Guissard apportent un vent de fraîcheur dans le western !
Stéphane Girardot















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