© Bayard/Milan
Titre : Un monde sans ténèbres
Scénariste : Robert Kondo
Dessinateur – Coloriste : Dice Tsutsumi
Éditeur : Bayard/Milan
Collection : Grafiteen
Parution : Avril 2019
Prix : 16,50€
Roxane, Pierre, Roland et leur très spécial compagnon Vince, une grenouille complètement barjot, sont dans les terres mortes, hors les limites du Val-de-l’Aube, une zone où il n’est censé y avoir aucun être vivant. Et pourtant les enfants découvrent Crapauville, la ville la plus industrialisée au monde, grouillante d’habitants et possédant un barrage identique au leur mais bien plus grand et de surcroît automatisé. Cependant, le temps presse. La fine équipe n’a que huit jours pour retourner au Val-de-l’Aube afin d’évacuer la population sur les hauteurs. Durant ce périple, les jeunes héros vont croiser d’autres personnes fort sympathiques comme les castors dirigés par l’ « oncle » de Vince, une horde de nomades menée par une louve, mais également de plus inquiétantes à l’image de Frida, une rhinocéros cinglée qui s’est autoproclamée reine des taupes et ses sujets. À chaque étape de l’aventure, Pierre remarque des signes, des ombres et des souvenirs de son père disparu dans les brumes. Ce qui le mène à prendre une décision surprenante alors que lui et ses amis sont presque chez eux.
Voilà une suite très attendue tant le premier tome du Veilleur des brumes nous avait impressionnés. Le moins que l’on puisse dire est que notre patience est largement récompensée car Robert Kondo et Daisuke « Dice » Tsutsumi nous régalent d’un second petit bijou. L’histoire se densifie avec de nouveaux personnages, un univers qui s’élargit, un mystère grandissant autour du papa de Pierre, la tâche de veilleur qui rend rapidement adulte le héros central, une amitié qui se noue entre le jeune cochon et Roland (chose qui n’était pas évidente au départ), de nombreux rebondissements et coups de théâtre. L’humour est toujours bien présent via la présence de Vince, la grenouille complètement barjot, et le monde ubuesque dirigé par Frida, la rhinocéros carrément cinglée. La transposition graphique du récit réalisée par Dice Tsutsumi donne comme précédemment l’impression de voir un animé se dérouler au fil des pages. Le travail du dessinateur japonais est juste incroyable, extraordinaire et plein de sensibilité. Les sentiments et émotions des protagonistes anthropomorphes transpirent des cases et prennent littéralement nos cœurs en otage que nous soyons petits ou grands. Une réussite ! Si vous êtes touchés par cette œuvre, sachez qu’un préquel destiné aux plus jeunes, intitulé Le Cochon, le renard et le moulin (Gebeka Films), est sorti en salle le 6 mars 2019 (bande annonce en fin d’article).
L’avis de Lily : Une suite magnifique et époustouflante !
Stéphane Girardot
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