© La Ville brûle 2026
Poussée par ses amies Prune et Nora, Marnie découvre ce qu’elles définissent comme étant le spa du monde, fondé par un docteur nommé Eliott Louvrecoeur. Réticente au départ, Marnie se laisse aller et découvre comme un autre monde, avec notamment un chat aux immenses moustaches. Cette expérience la change : désormais totalement accro, elle n’hésite plus à aller au spa à la moindre occasion, délaissant toute sa vie jusqu’à ses amies ou son métier de conceptrice de jeux de société. Mais une visite chez sa mère réveille une dose de stress en elle. L’intérêt du spa s’éveille pour Marnie qui s’intéresse également à la présence d’une autre cliente…
« Je pense pas que le malheur guette le moindre silence. Au contraire, c’est le brouhaha qu’il veut transpercer. C’est comme ça qu’il est le plus ahurissant. »
Si le nom de Maïa Neel vous parle, c’est bien parce qu’elle est la fille d’un célèbre auteur de talent. Mais on va plutôt se concentrer sur son premier album de BD. Maïa Neel a quelque part tout résumé sur la couverture ce que contient cet album : un dessin qui peut paraître naïf même s’il y a un peu de charme avec Marnie, son héroïne, qui passe par toutes les émotions. Son passé permet d’alerter à propos du harcèlement et des dégâts qu’ils peuvent faire, ses passages au spa sont en fait un moyen d’exposer les conséquences des dérives sectaires sur les personnes fragiles comme Marnie ou l’autre cliente, avec quand même de l’humour comme les pets pour que Marnie se détente et accède à l’autre monde. Une fois passé ce gag pour les plus réticents, on se retrouve plongé dans une histoire très forte, marquante, dont le lecteur ne sort pas indemne face à tous ces personnages attachants, au point que lui-même peut se remettre en question intérieurement.
Le Spa est une première œuvre saisissante.
Laurent Muret












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