À l’occasion du premier salon de la BD érotique de Paris où il était invité, Arthur de Pins a accepté de répondre à nos questions. L’occasion de revenir sur l’époque de Péchés mignons, de reparler de Zombillénium et d’évoquer sa nouvelle série, Knight Club.
Merci de nous accorder un petit peu de temps dans ce salon. Que pensez-vous déjà de cette première édition de salon de BD érotique ?
Déjà je trouve ça très bien qu’il existe un salon de la BD érotique parce qu’il y a des salons érotiques, des salons de BD, là on a les deux ! Et puis je suis venu pour voir mes copains, Maïa Mazaurette, Benoît Feroumont et Anne, mon éditrice, donc c’est quand même une saine occupation pour un dimanche.
Pour revenir sur Péchés mignons qui a eu donc sa petite intégrale maintenant…
Ça fait un bout de temps, oui.
Quel bilan faites-vous de ces quatre albums et de l’expérience Fluide Glacial ?
C’est ce qui m’a permis de mettre un pied dans le monde de la BD, même si ces petits personnages étaient déjà nés pour un autre projet et qu’ils ont finalement trouvé leur place en BD. C’est vrai qu’après j’ai pris un peu mes distances par rapport à l’érotisme et par rapport aux personnages dans un style déformé, mais c’était une belle expérience. Je ne sais pas encore si je vais y revenir mais en tout cas c’était une belle expérience et, du coup, une belle amitié puisqu’on est toujours potes avec Maïa donc c’est plutôt bien.
Je voudrais revenir ensuite sur Knight Club avec ce premier tome de ce qui sera un diptyque si j’ai bien compris…
Alors diptyque ce n’est pas encore certain parce que… En fait, au début c’était censé être un triptyque, finalement je suis revenu à deux et puis là je commence à me demander si ce ne sera pas trois. Parce que, en fait, j’ai déjà écrit la trame, tout ça, mais par contre la longueur des scènes varie parfois. Là j’ai fait la scène d’intro du 2 qui devait durer 15 planches, en fait elle en dure 40 ! Comme je n’ai pas vraiment de limites en terme de page, là je me fais plaisir !
Par rapport à Zombillénium où c’était un format plus classique…
Zombillénium était un peu limité au format franco-belge, on va dire, alors que là, en 180 pages, si j’ai envie de faire durer une scène de poursuite qui dure 20 pages, je peux le faire ! Donc c’est plutôt sympa, plutôt agréable !
Donc peut-être trois albums pour Knight Club. On y trouve une inspiration des 7 samouraïs, de Game of Thrones aussi pour son côté un peu violent…
Alors violent, ce n’est pas ce que j’aurais dit.
Alors c’est gore mais un peu comme beaucoup de trucs moyenâgeux. Une de mes influences aussi, outre Les 7 samouraïs et Quentin Tarantino, c’est Les Fosses carolines de François Cavanna qui est un récit de Moyen-Âge qui était déjà pour l’époque – c’est écrit dans les années 70-80 – à la fois extrêmement violent et extrêmement drôle. Et on retrouve ces composantes dans beaucoup de trucs, chez les Monty Python il y a des personnes qui sont décapitées mais c’est tourné de façon un peu drôle.
Comme dans Sacré Graal par exemple ?
Oui c’est ça ! Donc voilà, c’est vrai que c’est pour ça que c’est un peu une espèce de tradition qui ne date pas d’hier de faire un truc médiéval sur un ton un peu irrévérencieux, un peu absurde.
Pour finir, je voulais revenir un petit peu sur Zombillénium, maintenant que la série est terminée. Je me demandais à quel moment il a été défini que le film d’animation serait finalement un préquel de la série.
En fait, ça a été défini au moment où, quand on a commencé le film avec mon co-scénariste et co-réalisateur et le producteur, on a commencé un peu à réfléchir à ce qu’on allait raconter. Au départ, la première idée était de raconter le tome 1 de la BD. Mais on s’est heurté à trois problèmes : raconter le tome 1 voulait dire que le film aurait duré 20 minutes. Ensuite, l’autre problème était que, au bout d’un moment, je me suis dit « je n’ai pas envie de re-raconter la même chose, c’est un peu idiot. » Quitte à passer cinq ans à faire un film, autant que ce soit pour faire une histoire originale. Et puis, troisième chose, le personnage d’Aurélien n’était pas tellement adapté au dessin animé, car c’est un personnage un peu lunaire et pour un film, comme le spectateur d’un film est toujours un peu plus passif, il faut que le personnage sache clairement ce qu’il veut. C’est vrai qu’Aurélien est un personnage un peu louvoyant, qui subit. Dans un dernier tome, je me suis dit « Vu que les autres personnages sont les mêmes, on va dire que ça se passe avant ! » Et c’est devenu un préquel, ce qui m’a permis pour les tomes 4-5-6 de raccrocher les wagons et de faire en sorte qu’on retrouve les personnages dix ans plus tard. Ce que je voulais, c’est qu’il y ait vraiment une cohérence, qu’il n’y ait pas deux mondes parallèles mais un seul univers avec une vraie timeline.
Je crois qu’on a pu tout dire, merci.
Propos recueillis par Laurent Muret
Interview réalisée le 28 juin 2026









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