Sukima T2 : © Gao Yan 2025 / KADOKAWA CORPORATION / Casterman, 2026
Yang se remémore le mouvement des Tournesols auquel a participé activement J. et un épisode qui a suivi où son impulsivité lui a joué des tours juste avant que M. Higa ne lui présente deux étudiants de la fusée. Chen Wanting est taïwanaise comme Yang et Li Chen quant à lui est chinois, tous deux étant dans la section design de l’autre campus. Durant leurs échanges, M. Higa pose maladroitement une question sur la perception que chacun d’entre eux a des relations entre Taïwan et la Chine. Si Wanting ne dit rien car elle sent le conflit, Yang considère sans hésitation son île comme indépendante alors que Li Chen estime que Taïwan est un territoire chinois. Ce point de vue divergent tend derechef leurs relations. Malgré les conseils de sa grand-mère décédée, la jeune fille a du mal à garder son calme lorsque les sujets abordés lui tiennent à cœur. C’est également le cas pour le référendum qui va avoir lieu à Taïwan et qui vise à intégrer au code civil le mariage homosexuel, un combat auquel prend part J. comme à son habitude. Heureusement, son amie Yurika est là pour la soutenir, d’autant plus que le résultat est négatif. Cependant, les députés du Yuan législatif ont voté en faveur du projet de mise en oeuvre du contrôle de constitutionnalité n°748 visant à garantir le droit au mariage homosexuel, une décision qui fait de Taïwan le premier pays d’Asie à le reconnaître !
Comme nous l’avions précisé dans la chronique du tome précédent, cette nouvelle série de Gao Yan est très engagée socialement et politiquement, un fait qu’assume complètement l’autrice et qui nous va très bien car cela ouvre l’esprit sur des événements passés que l’on comprend de fait beaucoup mieux et qui nous enrichissent ! C’est donc sans surprise que, dans ce deuxième tome, elle se fait le porte-drapeau des droits humains mais surtout de la communauté LGBTQ2+. Ainsi, Gao Yan aborde le mouvement des Tournesols qui a eu lieu du 18 mars au 10 avril 2014 – aussi appelé Mouvement 318 – qui correspond à l’occupation du Yuan législatif par les étudiants pour s’opposer à un accord entre la Chine et Taïwan visant à réduire les barrières économiques et commerciales. Elle évoque également la vie du martyr Cheng Nan Jung qui a permis la naissance de la démocratie dans son pays mais aussi la lutte pour le mariage homosexuel. Cependant, Gao Yan n’oublie pas d’incorporer un double fil rouge à son récit avec l’histoire d’amour non réciproque entre Yang et J. et les relations amicales de Yang qui apportent la légèreté nécessaire à ce récit très sérieux. Graphiquement, tout n’est que grâce et volupté, et les premières planches en couleurs sont magnifiques ! En ce qui concerne le reste de l’album, le trait va à l’essentiel avec une finesse extrême qui est tellement touchante.
Un deuxième opus de très grande qualité qui instruit mais n’oublie pas de divertir !
Stéphane Girardot















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