Après avoir beaucoup aimé le webtoon Mon vœu le plus sincère publié chez Kotoon, nous avons pu découvrir en avant-première les dix premiers épisodes du nouveau projet de Kiri, Le Suivant, publié par les éditions Glénat sur la plateforme Ono. Nous avons donc sauté sur l’occasion d’interviewer l’autrice afin d’en apprendre plus sur ce nouveau webtoon, sans oublier de lui poser quelques questions également sur son œuvre précédente, mais aussi sur le fonctionnement des publications de webtoons.
Bonjour Kiri, merci beaucoup d’avoir accepté cette interview ! Pour commencer, peux-tu nous dire pourquoi ton nouveau titre, Le Suivant, est publié sur Ono et non sur Webtoon comme le précédent ?
Alors, il y a différentes raisons, on va dire. La différence majeure entre Le Suivant et Mon vœu le plus sincère est la quantité de travail nécessaire par épisode. Sur Mon vœu le plus sincère, cétait faisable en une semaine, ce qui est le rythme demandé quand on est en production sur Webtoon. Sur Le Suivant, ce n’est pas possible du tout, parce que c’est de la high fantasy, donc il y a beaucoup plus de détails dans les personnages, dans les décors. Et les épisodes sont plus longs. Sur Mon vœu le plus sincère, j’étais sur des épisodes de 60 cases, et là on est sur des épisodes de 75 cases. Donc c’est tout de suite beaucoup plus long. Moi, j’ai vu comment j’étais rémunérée et le temps que j’avais sur Mon vœu le plus sincère, qui était, lors de cette dernière année de publication, l’une des séries françaises – si ce n’est la série française – la plus lue sur la plateforme. Pour autant, malgré ce succès-là, je n’avais pas du tout des conditions de travail qui étaient suffisantes pour que je puisse faire Le Suivant. Au moment où je me questionnais sur comment j’allais faire, si j’allais devoir sacrifier de la qualité, Glénat, avec mon éditeur actuel, Hugo Manos, m’a proposé de travailler sur un projet auquel j’ai dit non parce que je voulais faire Le Suivant. Du coup, il m’a dit, « écoute, vas-y, plutôt que d’envoyer à Webtoon, envoie-moi et puis on en parle ». Et les choses se faisant, il m’a proposé des conditions de travail qui étaient très largement supérieures à celles que j’avais avec Webtoon. Je me suis dit que le seul moyen de faire vivre Le Suivant correctement, c’était avec Glénat. Eux diffusent en priorité chez Ono, mais aussi ailleurs, si jamais c’est possible.
Donc, c’est vraiment Glénat qui t’a démarchée. Parce qu’ils ont aimé Mon vœu le plus sincère, qu’ils aimaient ce que tu faisais ?
Ouais, c’est ça. Ils aimaient bien mon travail. Et j’ai beaucoup apprécié la proposition, d’ailleurs, qui était très intéressante. Mais voilà, j’ai été très transparente en disant que je ne pouvais pas tout de suite, qu’il fallait que Le Suivant sorte de ma tête.
Tu avais déjà fait une petite histoire du Suivant sur Webtoon au moment de la troisième saison de Mon vœu le plus sincère, pour te changer un peu les idées. Une fois que tu as eu fini Mon vœu le plus sincère, tu as eu envie de vraiment le développer, c’est ça ?
Ouais, c’est ça. En fait, Le Suivant, à l’origine, vient d’une partie de jeu de rôles que j’avais faite avec des collègues et amis. Je jouais le personnage de Podrug. Quand on fait un personnage de JDR, il faut expliquer pourquoi il est en balade et pourquoi il est en quête et du coup j’avais créé sa backstory. C’est le garde du roide, à l’époque ça s’appelait Zakara, maintenant c’est Zafra. Et en fait, un jour, son pays est attaqué. Le truc, c’est que j’ai fait ça pendant la saison 2 de Mon vœu le plus sincère et ça me pourrissait le cerveau, je ne pensais qu’à ça non-stop. Quand j’ai terminé la saison 2, je me suis dit que j’avais besoin de faire cette backstory avant de reprendre ma saison 3, sinon je n’allais jamais réussir à me concentrer. Et c’est ça, la version courte test qu’on retrouve sur Webtoon Canvas. C’est pour ça qu’elle est très rapide en terme de rythme et qu’il n’y a pas de fin, parce que c’était juste pour expliquer pourquoi mon personnage de JDR part en quête. Bref, quand j’ai terminé la saison 3 de Mon vœu le plus sincère, je n’ai pas arrêté du tout de penser au Suivant. Je voulais en faire une vraie histoire, pas juste une backstory de Podrug.
As-tu prévu une longue histoire pour Le Suivant ? Tu sais déjà combien d’épisodes tu veux faire ?
Alors, je sais comment ça se termine. Je connais les gros pivots. Contrairement à Mon vœu le plus sincère où, quand j’ai commencé la saison 1, j’étais dans le flou total. Mais entre deux, j’ai appris à faire un scénario. Donc, je sais où ça va. Je sais à peu près la longueur que moi j’imagine. Maintenant, ça dépend de plein de trucs, si la série fonctionne. Elle a eu un très bon lancement, donc je ne suis pas trop inquiète. Mais il faut que la série continue de fonctionner pour pouvoir justifier le financement d’autres saisons et d’autres épisodes. Je pense que ce serait à peu près la même longueur que Mon vœu le plus sincère. Pas forcément la même précisément, mais ça reste une série relativement longue.
Pour le moment, avec Glénat, tu as signé pour la première saison, c’est ça ?
C’est ça. C’est toujours ce qu’on fait dans le webtoon. On signe pour une première saison et, si ça fonctionne, la suite arrive.
© 2023 Kotoon
Pourquoi avoir choisi de faire du webtoon plutôt que de la BD ou du manga ?
C’est très intéressant comme question. À l’origine, quand j’étais plus jeune, je voulais faire du manga. Je voulais être mangaka, tout ça. Parce que j’ai grandi beaucoup avec le manga. En fait, je pense qu’il n’y a personne de ma génération qui pourrait te dire qu’il a toujours rêvé d’être auteur de webtoon parce que tout simplement ça n’existait pas. Ensuite, j’ai fait un petit peu de bande dessinée, mais vite fait, sur les réseaux sociaux, avec des petites cases, des petites BD de quatre cases qui sont juste des BD comiques. A ce moment-là de ma vie est arrivé le premier confinement à cause du Covid. Et c’est à là que Webtoon Naver a lancé son premier concours où tout le monde pouvait participer et sortir son webtoon pour être édité avec eux. J’avais quelques planches prêtes parce que je voulais faire une sorte de recueil de mes petites BD comiques. Et je me suis dit j’allais récupérer mes cases, les mettre en bande et va voir ce que ça donnerait pour le concours. J’ai participé comme ça au tout dernier moment, parce que je l’ai appris trois jours avant le lancement du concours et je ne savais pas ce qu’était un webtoon avant. Je n’ai pas gagné le concours mais j’ai adoré le format. Vraiment, ça a été un énorme coup de cœur. Je me suis dit de voir ce que ça donnerait avec Mon vœu le plus sincère qui à l’époque s’appelait Mon Vœu le plus sincère, et l’histoire a été super bien reçue tant par le public que par les éditeurs. Du coup, je leur ai envoyé un dossier d’édition pour proposer de passer ma série en originale. La réponse a été positive et très rapide. A partir de là, je me suis lancée. Et maintenant, là tout de suite, je ne me vois pas changer de format. Peut-être que dans 5-10 ans, je dirais l’inverse, peut-être qu’après Le Suivant, j’en aurai super marre, mais pour l’instant j’aime beaucoup le format webtoon.
Juste pour l’on comprenne bien comment fonctionne le webtoon, il y a Webtoon officiel et Webtoon Canvas qui est plutôt amateur on va dire.
C’est ça. Et par amateur, on n’entend bien sûr pas la qualité des œuvres.
Non, non, bien sûr.
C’est le fait qu’elles ne soient pas sous contrat. C’est pour ça que tout le monde peut poster tout ce qu’il veut. Mais, par contre, une fois que Webtoon t’a repéré et dit ok, ça va bien dans notre catalogue, on te rémunère. Là, tu passes en original.
Ok, donc la partie amateur, Canvas, n’est pas du tout rémunérée. Alors que quand on passe sur la plateforme officielle Webtoon, là, c’est rémunéré. Et donc, Canvas, finalement, c’est une façon de se faire repérer aussi par Webtoon, finalement ?
C’est un peu comme YouTube et tout. Parfois, ils ont des programmes en mode si jamais tu gagnes tant de followers ce mois-ci, tu as une petite prime de 200, 300 euros. Mais voilà, ça, ce sont des petits trucs exceptionnels, vraiment pas de la rémunération.
Pour rester encore un peu sur Mon vœu le plus sincère, comment s’est passé le passage du webtoon à la version papier chez Kotoon ?
Alors, il y a toujours une histoire comique à raconter à ce moment-là, parce que c’est le moment le plus aléatoire de ma vie. C’était en pleine Japan Expo de 2022 ou 2023, quelque chose comme ça. Je tenais un stand avec des collègues et notamment une qui s’appelle Bekuu et qui était l’autrice de Purple Soul. On partageait une chambre d’hôtel et, pendant la première soirée je crois, elle m’a dit, pendant que j’étais dans la salle de bain, que ce serait trop bien qu’il y ait une version papier. La version papier de webtoons à l’époque, il y en avait très peu. En France, je crois que Colossale était en train d’être signé ou venait de sortir, un truc comme ça, mais c’était tout. Je lui ai répondu qu’il y avait plein de séries qui méritaient carrément mieux et tout, enfin bref, syndrome de l’imposteur habituel. Elle me dit que si, il y a Kurokawa qui a ouvert un nouveau label qui s’appelle Kotoon et qu’elle voit trop ma série chez eux, le mood serait parfait. Le lendemain, j’ai l’équipe de Kurokawa qui vient sur mon stand pour me dire « salut, on adore ta série et on a un nouveau label qui s’appelle Kotoon qui fait des versions papier de webtoons, est-ce que tu serais intéressée ? »
Ah oui d’accord, le truc improbable !
C’est ça. Après, ça a suivi un processus un petit peu classique avec un rendez-vous à Paris. On a parlé des modalités, de ce qu’on imaginait chacun du produit et tout. Et ensuite, ça s’est fait, quoi.
© 2026 Kotoon
Ce n’est peut-être pas le bon mot, mais c’était ton rêve, entre guillemets, de l’avoir en version papier ou tu t’étais dit qu’un webtoon serait uniquement numérique ?
Oui et non. Je ne ferai aucune réponse courte mais c’est une question très intéressante parce que fondamentalement je ne pense pas que le webtoon ait besoin d’une version papier pour être légitime. C’est un petit peu un de mes combats, il faut que le webtoon puisse exister comme tel. Cependant, force est d’admettre qu’en France, on est quand même un pays où la BD, historiquement, a un très lourd poids littéraire. Pareil avec le manga. Maintenant, depuis plusieurs années, on est habitué au format physique. Donc, moi, en tant que personne qui ai grandi avec la BD, les mangas et les comics, j’avais un petit peu quand même envie d’avoir cette version papier, pas pour me sentir plus légitime, mais quand même pour me dire « Ok, je l’ai fait. » Donc, malgré tout, j’en avais quand même très envie, surtout quand j’ai vu que ça commençait à se faire. Là où ce qui m’a un peu crispée avec tout ça et qui m’a donné ce point de vue de « oui, le webtoon existe comme tel », c’est que pour beaucoup de personnes, que ce soit des professionnels, des organisateurs de salons, mais aussi des membres de la famille, des connaissances, je n’ai été une autrice qu’à partir du moment où j’ai eu la version papier. Alors que le travail, moi ça faisait trois ans que je le faisais, trois ans que je travaillais 70 heures par semaine. Mais en fait, non, il a fallu que la version papier sorte pour être reconnue comme telle. Parce que le numérique, comme ce n’est pas palpable pour beaucoup de gens, ça n’existe pas vraiment. Donc voilà, mon point de vue aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas besoin d’une version papier pour que ce soit légitime. Mais j’aime quand même bien le format. Je trouve ça quand même super cool.
Après, est-ce que c’est pas aussi une question de génération ? Pour les générations de lecteurs de BD et manga, il leur faut le livre entre les mains pour qu’il existe réellement, alors que pour les plus jeunes, qui ont grandi avec le numérique, ça leur paraît normal et du coup c’est légitime même si ce n’est pas imprimé.
Bah oui, je pense que tu as complètement raison. Surtout que, quand on regarde bien, moi ce que j’ai pu constater avec les ventes papier, c’est que les personnes jeunes qui achètent la version papier l’achètent parce qu’ils connaissent déjà la version numérique et parce qu’ils vont avoir du coup un peu un objet de collection. Parce qu’en plus les versions papier de Mon vœu le plus sincère sont super belles. Il y a ce côté objet de collection, comme un goodies. Il y en a même plein qui ne vont pas les relire, qui ont juste la version papier. Donc les jeunes, en majorité, l’achètent par collection. Par contre, les personnes qui vont vraiment lire la série en version papier, j’ai pu le constater, sont les personnes qui vont être plus âgées justement. Parce qu’il y a cet attachement à la version papier comme on disait, qui est un peu générationnel quoi. Pas que, mais ça joue.
On va revenir sur Le Suivant. Par rapport à Mon vœu le plus sincère, les thèmes sont plus durs, plus sombres. Voulais-tu changer de registre ou est-ce juste parce que le personnage vient du jeu de rôles ?
C’est une question de genre. Là où Mon vœu le plus sincère était de la comédie dramatique, Le Suivant est de la fantasy, enfin de la high fantasy on va dire, en sous-genre drame. Bref, il y a une grosse rupture en terme de sérieux entre Mon vœu le plus sincère et Le Suivant, je sais que ça peut même manquer à certains lecteurs du coup, mais j’avoue que je vends Le Suivant en disant « ce n’est pas parce que tu as aimé Mon vœu le plus sincère que tu aimeras Le Suivant, et inversement ». J’ai essayé quand même de mettre pas mal de touches d’humour, aussi parce que c’est ce que j’adore faire. Mais ce n’est pas du tout sur le même degré de légèreté, parce que là on va aller sur des thèmes qui sont quand même plus sombres, on va beaucoup plus traiter aussi de questions un peu géopolitiques sans pour autant que ça devienne lourd parce que le webtoon n’est pas trop un média pratique pour ces thématiques-là. Mais du coup, oui, on va sur des thématiques qui sont plus sombres et ça me permet aussi de jouer un meilleur contraste avec les moments qui vont être plus lumineux, parce que c’est ce que j’aime beaucoup personnellement. C’est cool quand tu te rends compte que tu peux impacter moralement le lecteur, mais en réalité, ce que je préfère, moi, c’est apporter justement l’autre partie, à savoir soulager, rassurer, que ça fasse du bien. Mais pour que ça s’arrive, il faut d’abord aller dans des moments un petit peu plus obscurs.
Ce qui était déjà le cas dans Mon vœu le plus sincère, parce qu’il y a quand même ce côté hyper dur sur ce qui arrive à Api, avant effectivement le soulagement…
Clairement, il y a des moments où c’est sombre, mais j’ai envie de rassurer tout le monde en disant que, de toute manière, on ira toujours vers la lumière à un moment donné, parce que c’est ce que je cherche. Une des raisons pour lesquelles il y a une aussi grosse différence est que Le Suivant c’est de la fantasy, et je peux me permettre d’avoir un véritable antagoniste, qui est un tyran, il peut y avoir des morts, il peut y avoir des guerres. Alors que dans Mon vœu le plus sincère, comme c’est très ancré dans notre réalité et qu’on va sur des problématiques auxquelles on peut s’identifier en tant que personne, on aura des trucs qui auront un impact moins large.
En lisant les premiers épisodes du Suivant, on a l’impression que ça peut s’orienter vers une romance « enemies to lovers », non ?
Sans dire s’il y aura romance ou pas, parce que ça fait partie quand même des choses qu’il est agréable de découvrir, je ne suis ni autrice ni lectrice de dark romance, sans aucun jugement. C’est juste parce que ce ne sont pas forcément des thèmes avec lesquels moi je vibe, mais je n’ai aucun souci avec ça. Je comprends que des gens apprécient ça, je ne suis pas du tout dans le jugement. Ce que j’aime bien pour autant dans les mécaniques de certaines dark romance, c’est le fait de pouvoir jouer avec certaines limites et dénoncer, c’est un truc que j’avais un peu envie de faire avec Le Suivant. Sans toujours dire si on aboutit à quelque chose ou pas… Swain, c’est un antagoniste qui est extrêmement problématique. Il y a des raisons pour lesquelles il agit de manière méchante, évidemment, parce que ça ne sort pas de nulle part, mais on cherchera jamais à l’excuser. Là, ce qui va se passer, c’est que Swain va être face à certains dilemmes envers Podrug, le personnage principal. Qu’est-ce qu’il va en faire ? C’est à partir de là qu’on va commencer à voir si ça peut aller vers une romance ou pas. De l’autre côté, il y a Podrug qui essaie tant bien que mal d’être une bonne personne à la morale pure. Et une bonne personne à la morale pure ne répondra pas aux sentiments potentiellement amoureux ou pas d’un antagoniste. Sauf que la réalité, ce n’est pas ça, ce n’est pas comme ça la vie. Donc plutôt que de se demander si c’est une romance ou pas, j’aime bien demander si eux vont faire en sorte que ça en soit une ou pas.
Une bonne personne, de toute façon, va aussi, même chez un antagoniste, essayer de voir des petites bonnes choses dans ses actions. Elle va tout interpréter aussi de façon différente. C’est comme cela que fonctionne le « enemies to lovers » qui va faire basculer la dynamique du couple.
C’est ça, exactement. Surtout que Podrug est évidemment quelqu’un qui a un gros syndrome, un gros complexe du sauveur, donc il a envie d’aider tout le monde, parce qu’il a l’impression que s’il ne le fait pas, il est inutile, et s’il est inutile il ne mérite pas de vivre… Ça va être des trucs qu’on va découvrir au fil du temps, on va essayer de comprendre aussi pourquoi il est comme ça. Et donc ça va le rassurer de se dire « ok, peut-être qu’il est méchant parce qu’il a le cœur brisé et qu’en fait il n’a pas reçu assez d’amour »… Mais ce n’est pas du tout pour dire en tant que narratrice « ok, donc ce n’est pas si grave ». Il y a toutes ces mécaniques-là, ce que je vais vouloir raconter, ce que Podrug va vivre. C’est passionnant à faire, et c’est un truc sur lequel je voulais vraiment me plonger, parce que j’adore travailler avec des couples très sains, comme Api et Praince. Mais j’aime beaucoup aussi aller sur quelque chose de plus complexe pour qu’on discute, parce que, justement, c’est un super bon débat, à quel point on peut tolérer ou pas les actions de quelqu’un, quand est-ce qu’on peut les excuser, quand est-ce qu’on peut les comprendre… Dans Le Suivant, c’est un truc que j’ai oublié de dire mais qui pourtant est très important, la relation Podrug et Swain est faite en miroir de la relation entre Podrug et Sigurid, qui est la petite Tiffielonne toute bleue qu’on voit au tout début, parce que entre eux c’est sain. Tout est sain, justement, c’est une bonne relation, et donc, du coup, elle se joue en miroir de celle avec Swain, qui ne l’est pas.
Il y a un épisode qui sort par semaine sur Ono, mais toi, où en es-tu ?
Moi, je suis à l’épisode 30. J’étais en train de faire le storyboard ce matin. J’arrive à peu près à faire deux épisodes par mois. Si je dois faire un rush pour me libérer, à un moment donné, j’en fais trois, mais c’est plus compliqué qu’avant. Parce que Glénat me permet d’avoir des bonnes conditions de travail, et je peux vivre avec deux épisodes dans le mois.
La première saison fera 41 épisodes, c’est ça ?
C’est ça, oui. En fait, techniquement, c’est 40 épisodes et 1 prologue.
Et donc si la première saison fonctionne, ce qu’on te souhaite évidemment, l’idée sera de signer pour une deuxième saison ? Comptes-tu faire une pause ?
Oui. J’ai besoin d’avoir la moitié de la saison 2 prête pour pouvoir faire uniquement deux épisodes par mois. Pendant cette période de pause, le lectorat ne sera pas en reste parce que je sortirai, moi, de mon côté, en auto-édition, le roman spin-off du Suivant. C’est vraiment un spin-off hors-série, un « what if ? ». Et si Swain n’avait pas attaqué Albara, qui est dans les cartons que j’écris depuis deux ans… Mais du coup, je vais pouvoir sortir ça pendant cette période de pause, m’occuper de la campagne de financement et tout.
Dernière petite question, qui ne va peut-être pas être si facile… Quel est ton personnage préféré dans chacune de tes deux séries ?
Ah, ce n’est pas simple. On sort de base le personnage principal parce que sinon c’est trop simple. C’est le personnage qu’on connaît le mieux en général. Donc, je sors Api, je sors Podrug… Dans Mon vœu le plus sincère, ça a longtemps été Oxlov, un peu par miroir de l’amour que le lectorat lui portait. Puis ça a un peu dérivé vers Arthur, mais aujourd’hui je sais que le personnage auquel je pense et qui me fait le plus sourire est Santana, la mère de Praince, parce que c’est un personnage qui est hyper complexe. J’adore son épaisseur, son relief. Et pour Le Suivant… c’est compliqué. J’aime beaucoup beaucoup Swain, mais j’avoue que je le considère un peu l’égal de Podrug. Ça fait tellement longtemps que je le connais qu’il fait un peu partie de moi. Donc il fait partie de mes personnages préférés comme Podrug et comme Api. Mais si on le retire à cause de ça, pour ne pas tricher, je dirais Sigurid.
Merci beaucoup de nous avoir accordé de ton temps !
Retrouvez un épisode du Suivant tous les samedis sur la plateforme Ono

Propos recueillis par Laëtitia Lassalle
Interview réalisée le 8 juin 2026







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