©Casterman, 2026
- Titre(s) : Je suis la Dernière Elfe
- Scénariste(s) : Martin Quenehen
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Marion Mousse
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Mai 2026
- Prix : 25,00 €
- EAN : 9782203251489
Lif, la dernière elfe sur Terre, a 1534 ans et elle n’aspire plus qu’à une chose : mourir. Et ce d’autant plus qu’elle sait que le temps du Ragnarök est venu. C’est pour cela qu’elle se défenestre sous les yeux de sa colocataire Wafa afin de rejoindre Alfr, celui qu’elle a aimé et qui est parti avant elle. Cependant, elle ne meurt pas car elle en est incapable et se fait passer un savon par son amie pour avoir essayé. Ensemble, elles vont donc continuer à dealer des lembas, du pain elfique, dont raffolent les humains. D’ailleurs, Lif doit remplacer Wafa qui vient de se brûler pour faire une grosse livraison chez un client nommé Skuld. Un nom qui éveille la curiosité de la jeune femme car en islandais, il s’agit du nom de la troisième Norne tisseuse de destin. Et son intuition se confirme lorsqu’elle se trouve en présence de l’épée Tyr, le moyen pour elle de se barrer de ce foutu monde ! Le problème est que l’arme magique est en possession du chef d’une bande néo-nazis en quête du pouvoir absolu. Aidé par Jean, un journaliste audacieux rencontré par hasard, la dernière elfe part en quête et va devoir choisir entre fuir ou sauver l’humanité !
Mêlant thriller politique et fantasy dans un récit contemporain, Martin Quenehen (Ce monde n’existe pas) propose avec Je suis la Dernière Elfe un récit original, riche et dense qui malheureusement nous perd un peu sur la fin. Les références à la mythologie nordique sont nombreuses (Elfe, Ragnarök, Hel, Garmr, Bifröst, etc…) et très bien intégrées dans leur ensemble à une intrigue où une héroïne singulière croise la route d’un groupe politique d’extrême droite qui se voit associé le mythe tenace mais infondé rattaché aux nazis : l’intérêt/pratique des sciences occultes. Un peu comme dans les Indiana Jones ! Les lembas sont quant à eux un clin d’oeil à la fiction de J.R.R. Tolkien Le Seigneur des Anneaux. Notons aussi la romance entre l’elfe et le journaliste Jean Leontarakis qui a toute son importance. C’est l’intensité crépusculaire du dessin de Marion Mousse (Pastorius Grant) qui met parfaitement en images l’histoire de Lif. En effet, le graphisme de l’auteur – qui ici n’est pas sans rappeler celui d’un certain Mike Mignola – fait mouche à travers un gaufrier des plus classiques. Bien aidé en cela par une colorisation qui utilise des teintes qui sortent des sentiers battus.
Un récit intéressant et plaisant qui perd un peu les lecteur.ice.s sur la fin !
Stéphane Girardot















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