© 2026 Dupuis
- Titre(s) : Gunnar le vampire
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) : Nicolas Dumontheuil
- Coloriste(s) : Isabelle Merlet
- Editeur(s) : Dupuis
- Collection : Aire Libre
- Parution : Mai 2026
- Prix : 29,95 €
- EAN : 9782808507585
Gunnar Gunnarson fabrique des robes avec Marthe, sa compagne, dans un bel atelier de Bourgogne, en 1910. Pas forcément de quoi en faire une histoire, me direz-vous, bien qu’il soit installé depuis longtemps et de bonne réputation. Seulement, ce n’est pas un couturier ordinaire ; si vous avez lu le titre de l’album, vous aurez compris que c’est aussi un vampire ! Là, ça devient intéressant. Ce n’est d’ailleurs un secret pour personne, et sa présence semble bien acceptée au village, voire suscite la fascination. Inoffensif et respecté, il ne croque pas les humains mais du charbon, ce qui lui permet, paraît-il, de mieux supporter la lumière. Il est né en Suède il y a plus de 500 ans et son expérience du monde est inestimable. Même le curé est devenu son copain, au grand dam de sa mère qui estime que ses chances de devenir évêque sont désormais nulles. Oh, il y a bien ces animaux décapités et dévorés la nuit qui laissent planer quelques doutes sur l’auteur des méfaits, mais personne (à part quelques mauvaises langues) ne veut croire en sa trahison…
C’est une œuvre titanesque, ou devrait-on dire exceptionnellement vampiresque, que propose Nicolas Dumontheuil. Le commentaire vaut à la fois pour l’aspect « beau bébé » de cet album de 270 pages au format généreux de la collection Aire Libre et aussi pour cette étonnante comédie qui regorge d’inventivité et tient la distance. C’est un joyeux fourre-tout qui mélange l’humour pur, la comédie de mœurs et sa ribambelle de personnages à la manière d’une pièce de théâtre, et l’horreur propre aux récits de vampires. Le scénario est très littéraire et amène à réfléchir, tout en rigolant, sur des thèmes complexes comme le temps et l’humanité. Graphiquement, c’est assez grandiose. D’un trait épais et assuré, l’auteur nous plonge dans un rêve fou aux décors somptueux. Par le cadrage et le grand format, un soin particulier est apporté aux paysages et aux lieux. Les variations de tons monochromes, très tranchées et confiées à Isabelle Merlet, avec une prédominance de jaune, sont un autre choix artistique réussi qui se marie parfaitement avec la technique du lavis à l’encre de Chine utilisée par le dessinateur.
Une comédie fantastique, dans tous les sens du terme.
Nicolas Raduget












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