- Titre(s) : L’Île
- Scénariste(s) - Dessinatrice(s) - Coloriste(s) : Mayte Alvarado
- Editeur(s) : L’Œuf
- Parution : Novembre 2025
- Prix : 20,00 €
- EAN : 9782913308756
De jolies petites maisons blanches juchées sur une petite île. Le temps s’écoule, plus ou moins paisiblement, au rythme des marées. Mais la mer nourricière se fait également menaçante, comme ne cesse de le rappeler celui que tout le monde appelle « le fou ». D’où vient ce magnifique chien bleu et a-t-il un lien avec la malédiction qui semble planer sur cette île ?
« Elle n’a ni début ni fin, n’est que vagues qui viennent et vagues qui s’en vont. Comme un jour suit l’autre, comme le calme suit la tempête. »
Difficile de parler de cet album (disons-le tout de suite : sublime) sans en gâcher la lecture alors parlons déjà de l’autrice, dont nous espérons bien voir d’autres œuvres publiées en France, aussi bien les passées que les futures. Révélation de la bande dessinée espagnole actuelle, Mayte Alvarado a publié une première bande dessinée il y a dix ans, E-19 (El Verano del Cohete, 2015) – avec une jolie exploration de la combinaison des couleurs bleue et orange – puis illustré l’immense classique de la littérature espagnole qu’est La Casa de Bernarda Alba de Federico García Lorca en 2017. Ont suivi, entre autres, Descalzos en 2018, de courtes bandes dessinées comme El Barcó (publiée dans le recueil En Corto) et Jardín (parue dans la revue GQ España en 2019), ou encore les illustrations de l’ouvrage Escrito al margen (textes de Juan Frau). Son style graphique déjà identifiable et infiniment poétique a enfin percé en France au printemps de cette année avec la parution de Gabriele Münter – Les Terres bleues (Seuil, 2025). Dans L’Île, la palette dominante est bleue (comme souvent, semble-t-il) mais l’autrice pare certains chapitres de vert d’eau ou de rouge flamboyant, voire de gris, renforçant l’impression de temps qui passe, de toute évidence un des thèmes de prédilection de l’autrice avec, toujours, une forte présence de la nature. Le texte s’y fait rare (mais soulignons le travail de la traductrice, Hélène Serrano), comme c’était par exemple le cas dans Gabriele Münter, mais le talent de Mayte Alvarado réside ailleurs : son découpage judicieux nous immerge dans son univers et on sentirait presque le vent s’engouffrer dans nos cheveux ! L’album avait été sacré meilleur album de l’année lors de sa sortie en Espagne et on comprend aisément pourquoi.
Un immense coup de cœur et une autrice à suivre !
Chloé Lucidarme











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