VAN © Casterman, 2025
Québec, 1816. Chaque nuit, Adelbert Lamontagne enferme son fils Jean-Thomas dans une cabane située loin de la ville dans la forêt pour éviter un drame. Pourquoi ? Parce que Jean-Thomas porte une terrible malédiction : c’est un loup-garou ! Un jour, Joséphine, Marie et Léon, intrigués par le comportement de M. Lamontagne, se cachent dans une carriole et découvrent malencontreusement le secret de leur copain. Malheureusement, Jean-Thomas s’enfuit dans la confusion. Métamorphosé en loup, il sème la panique dans les rues de Québec. Derechef, son père et ses amis essayent de le retrouver avant les forces de l’ordre, rapidement alertées afin qu’il ne lui arrive rien. C’est finalement sa maman qui l’intercepte. Le lendemain, un attroupement devant la boucherie des Bergeron inquiète. En effet, l’établissement a été saccagée et Margot, l’aînée de la famille, a disparu. Jean-Thomas est-il responsable de ce carnage ? A-t-il fait du mal à Margot ? Toujours est-il qu’Emmanuel Langelier, l’éminent chasseur de loups-garous et papa de Léon, est chargé de l’enquête. La traque de la bête sauvage est lancée ! For God’s sake, restez chez vous !
Forte d’une belle expérience dans l’animation et motivée par ses passions pour le dessin et de conteuse, Vanessa Lalonde réalise une transition vers la bande dessinée avec cette nouvelle série jeunesse prévue en trois tomes pour le catalogue Casterman. La Nuit aux loups est une première oeuvre pour l’autrice québécoise qui aura pris le temps (8 ans) pour la penser et la dessiner. Le résultat est plus que convaincant à bien des égards. Les personnages sont nombreux, parfaitement caractérisés et présentent des aspérités, des failles qui les rendent très rapidement sympathiques ou antipathiques. Ensuite, il y a ces dialogues où le parler québécois fait des intrusions fracassantes qui ancrent un peu plus les lecteurs dans le récit, le lieu et l’époque. Enfin, l’approche utilisée pour évoquer les loups-garous est moins violente. En effet, même si nous n’avons pas tous les tenants et les aboutissants, c’est ce qu’il transparaît de ce premier opus dont le cliffhanger prend totalement à contre-pied ! Graphiquement, l’illustratrice propose quelque chose de très léché où la documentation a été sérieuse, notamment en ce qui concerne les décors. Sans surprise, elle exploite à merveille les focus sur les regards très expressifs et les cadrages cinématographiques. L’ensemble dynamise on ne peut mieux ce conte qui fait frissonner !
Une entrée en matière dans le 9e Art réussie avec une entame de série qui l’est tout autant !
Stéphane Girardot















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