- Titre(s) : Les Pigeons d’argile
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Étienne Bonnet
- Parution : Septembre 2025
- Prix : 16,00 €
- EAN : 9782959711527
Étienne apprend que sa mamie est en train de mourir. N’étant pas géographiquement proche, il ne se précipite pas à son chevet pour ses derniers instants, et il est moyennement chaud pour des adieux au téléphone alors qu’elle est sourde comme un pot. Avant de se rendre aux funérailles, il doit se mettre en quête d’une tenue pour l’occasion. Cet acte simple est le début d’une série de réflexions sur la mort et le deuil, qui se poursuit pendant la cérémonie de crémation, en Vendée. Mais qui sont ces deux gus avec un appareil photo ?
« Je ne crois pas qu’il existe une méthode universelle pour faire son deuil. On se démerde comme on peut. » Voilà comment la quatrième de couverture résume cet album. En 75 planches, l’auteur aborde ce délicat passage obligé de l’existence à sa manière, peut-être pour se faire du bien, ou nous en faire à nous, mais une chose est sûre, la deuxième hypothèse fonctionne. Non seulement le récit semble parfaitement crédible et universel, mais il est aussi extrêmement drôle, car il aborde tous les moments gênants et (ou) absurdes que l’on vit dans ce genre de situation, sans crainte de les dénoncer ou de s’en amuser. Le thème nécessitait sans doute ce retour à un format roman graphique plus intimiste (après Le Créneau chromatique au format cartonné plus classique paru cette année également) ; le sujet s’y prête bien, et l’objet en lui-même est très classe, à l’extérieur comme à l’intérieur, Étienne Bonnet n’oubliant pas de faire de la (très bonne) bande dessinée : nuances de gris et décors chiadés, découpage varié et inventif, cases muettes qui en disent aussi long que le reste… Plus qu’un témoignage sur la perte des proches qu’on devine saupoudré de faits réels, il livre une BD très inspirée sur le sujet, un récit drôle et profond qui s’ajoute à la liste des réussites de sa jeune mais déjà bien riche carrière ! En toute objectivité, c’est même un 6/6 pour ses ouvrages auto-édités.
Un album qui mérite le « coup deuil »…
Nicolas Raduget










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