© 2025 Aventuriers d'Ailleurs
- Titre(s) : Traqué dans l’espace
- Scénariste(s) : Michael Park
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Chris Baldie
- Editeur(s) : Aventuriers d’Ailleurs
- Parution : Juin 2025
- Prix : 26,90 €
- EAN : 9782386040177
Stéphane Cardoux est lauréat d’un jeu à gratter qui lui offre un ticket pour l’espace… ah non, c’est un film qui n’a rien à voir avec cet album de deux auteurs de Glasgow. Cardoux aurait d’ailleurs pu être un personnage de Whisky, album sorti dans le même groupe éditorial cette année, mais on continue le hors sujet. Gare, gare, et le héros moustachu de cet album en aurait bien besoin, d’une gare intergalactique, pour se barrer plus vite, car une Katzani lui file au train, bien décidée à éradiquer le dernier humain restant dans l’univers, perdu sur la planète Foran 4 (« quelque part entre Foran 3 et Foran 5 », pour reprendre la première planche).
Traqué dans l’espace – cette fois c’est le bon titre – est en effet l’histoire d’une poursuite haletante, sur plus de 240 pages, de quoi s’évader très loin avec le label Aventuriers d’Ailleurs. Chris Baldie, au scénario, dessin et couleurs, et Michael Park, son co-scénariste, ont mis tous les ingrédients du space opera dans une grande marmite et livrent leur recette pour la première fois traduite en français (on ignore par qui mais bravo à lui ou elle). Humour, action et fluidité relative (les intrigues intergalactiques sont souvent complexes, ça fait partie de leur charme) sont au rendez-vous, avec un soupçon de liens d’amitié et de psychologie pour apporter de la profondeur. Leur capitaine de l’espace (le titre original est d’ailleurs Space Captain) se révèle convaincant à tous points de vue, à condition d’être amateur du genre bien sûr. Physiquement, en plus, sa grande moustache le rend presque aussi charismatique que Magnum ou le général Alcazar. On s’attache très vite à lui et à son désir de survie dans ce monde intergalactique bien composé, tant au niveau des paysages que des personnages secondaires. L’encrage épais et la colorimétrie, inspirés des webcomics et des auteurs indépendants, renvoient irrémédiablement à l’univers des jeux vidéo. Les études de personnages, insérées en bonus, aussi. L’ensemble reste fluide et agréable à suivre. Si l’album peut se suffire à lui-même, la fin ouverte suscite la curiosité ; reste à savoir si on aura une suite à ces épisodes parus à l’origine entre 2014 et 2018.
Un opéra de l’espace composé en fanfare et sans cornemuse par deux Écossais, superbement mis en valeur dans un bel écrin éditorial.
Nicolas Raduget












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