© 2025 Le Lombard
- Titre(s) : La Quête d’éternité
- Scénariste(s) : Denis-Pierre Filippi
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Roger Vidal
- Coloriste(s) : Léa Chrétien
- Editeur(s) : Le Lombard
- Parution : Juin 2025
- Prix : 20,45 €
- EAN : 9782808212533
Dans la campagne anglaise, Mycroft Holmes visite son frère Sherlock à l’heure du thé et lui demande des conseils afin de protéger au mieux une cargaison qui doit transiter en train de Douvres jusqu’à Londres. Le soir-même, à la bibliothèque de l’Arsenal de Paris, Arsène Lupin et son assistante Nelly dérobent des objets de l’héritage du Marquis de Paulmy avant la surprenante intervention du commissaire Ganimard, qui ne peut être due qu’à quelqu’un de très bien informé. Le fait est confirmé par la “visite” du repaire du gentleman cambrioleur à mettre au crédit d’un certain Moriarty ! En guise d’indice, une carte l’invite à Londres au British Museum où il va retrouver sans le savoir deux vieilles connaissances : Sherlock Homes et Joséphine de Cagliostro, cette dernière se trouvant être le “colis” exfiltré par Mycroft grâce aux recommandations de Sherlock mais aussi une ancienne relation amoureuse d’Arsène. Petit détail pour clore le tableau : elle se prétend immortelle et doit avoir dans les 119 ans. Cependant, le plus brillant des enquêteurs et le plus génial des cambrioleurs ne sont pas au bout de leurs surprises car ils vont devoir s’associer contre toute attente !
Alors qu’en 1907 Maurice Leblanc se heurtait aux ayants droits de Sir Arthur Conan Doyle qui ne lui permettent pas d’utiliser Sherlock Holmes (qui deviendra Herlock Sholmes) dans une de ses nouvelles pour une confrontation avec Arsène Lupin, Denis-Pierre Filippi est quant à lui sans contrainte car Sherlock Holmes est libre de droit depuis le 1er janvier 2023. Le scénariste peut ainsi proposer, sur une demande du Lombard, cette opposition/association entre l’enquêteur de génie et le gentleman cambrioleur où il se plaît à mêler réalisme et fantastique avec cette quête de l’éternité et du Sangreal, d’où la présence évidente de la Comtesse de Cagliostro, ancienne maîtresse de Lupin. Force est de constater que le récit est parfaitement huilé et ne souffre d’aucun écueil dans l’utilisation du fonds de commerce des deux auteurs de renom. Merci au passage pour la petite leçon d’architecture baroque (Basilique Santa Maria della Salute, création de Baldassare Longhena). Graphiquement, Roger Vidal réalise une belle prestation où les illustrations pleine page sont percutantes (la séquence sous l’eau à Venise notamment) et les scènes d’action très dynamiques (la confrontation à deux avec le colosse de Moriarty par exemple). Le trait du dessinateur ibérique est exacerbé avec efficacité par une mise en couleurs à quatre mains avec l’intervention de Léa Chrétien.
Un premier tome plaisant et convaincant.
Stéphane Girardot


















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