- Titre(s) : Les Nageuses de minuit
- Scénariste(s) : Valentina Grande
- Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Francesco Dibattista
- Editeur(s) : Le Lombard
- Parution : Avril 2025
- Prix : 21,95 €
- EAN : 9782808212120
Viktoria habite New York où elle est enseignante. Proche de la quarantaine, elle vit seule avec son chat Nina dans un petit cocon qu’elle s’est créé et cela aurait pu être ainsi encore des années sans un événement somme toute assez banal. Quelqu’un lui a demandé un service ! En effet, la psychologue de l’établissement où Vik travaille a oublié une sacoche rouge dans la salle des profs et lui demande de la lui ramener vers 16h à la piscine de quartier. Malheureusement, elles se ratent et Vik est attirée par de la musique provenant du grand bassin. Elle est alors captivée par un groupe de femmes plus âgées qui pratique la natation synchronisée, quelque chose d’inconcevable et de fascinant pour Vik qui ne sait pas nager. Cependant, elle décide de se lancer et de suivre des cours pour apprivoiser sa peur de l’eau. Ainsi, elle se fait de nouvelles amies avec lesquelles elle se sent bien, une succession de faits qui change sa vie et, au-delà de cela, sa façon de se percevoir elle-même !
À travers l’histoire de son héroïne Viktoria, Valentina Grande aborde plusieurs thèmes dont un des principaux est l’accomplissement de soi afin de pousser le lecteur à se questionner et faire une sorte de bilan sur sa propre vie et pourquoi pas, in fine, à procéder à des « ajustements ». En sus, l’autrice italienne se penche subtilement sur le rapport à la mère (via les relations entre Vik et sa mère, le fait que Vik n’ait pas d’enfant et l’histoire personnelle et touchante de Claire), le racisme, la sororité, les relations intergénérationnelles, l’invisibilisation de la femme lorsqu’elle ne rentre pas dans les cases prédéfinies mais aussi sur cette eau qui est omniprésente – un personnage à part entière ! – et symbole de renaissance, de reconstruction. L’ensemble est parfaitement agencé et transporte les lecteurs dans un doux récit fort intéressant, une douceur que l’on retrouve dans l’interprétation graphique de Francisco Dibattista. Son trait rond apporte de l’apaisement en regard de la dureté des sujets développés, tout comme la mise en couleurs du dessinateur transalpin reflète bien les ambiances tristes de Viktoria et celles plus joyeuses de ses réunions avec ses nouvelles amies à l’aide des tons pastel agréables.
Un roman graphique réussi qui pousse à la réflexion, que l’on soit une femme ou un homme !
Stéphane Girardot















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