© 2025 Steinkis
- Titre(s) : Seule contre Hollywood
- Scénariste(s) - Dessinateur(s) - Coloriste(s) : Halim
- Editeur(s) : Steinkis
- Parution : Février 2025
- Prix : 20,00 €
- EAN : 9782368465677
Mai 1937. Pour fêter une année exceptionnelle pour les studios Metro-Goldwyn-Mayer, fleuron d’Hollywood, les dirigeants décident d’organiser une soirée privée pour leurs nombreux commerciaux. A cette occasion, 120 jeunes femmes sont engagées pour distraire ces hommes. Parmi elles, Patricia Douglas, une jeune danseuse de 20 ans, croit participer à un tournage qui pourrait servir sa carrière. Sur place, pas de caméra, mais beaucoup d’alcool. Harcelée puis violée, elle refuse tout arrangement et décide de poursuivre la MGM. Aidée par un avocat, elle se lance dans un combat perdu d’avance face à une puissante compagnie et un système qui s’acharne à la briser…
« D’ici au procès, ils seront sans pitié. Ils ont probablement déjà envoyé des Pinkerton pour soudoyer les autres jeunes filles, fabriquer des preuves et vous incriminer. Auprès de votre entourage, votre famille ou vos amis… »
Alors que l’époque est plus propice à révéler et dénoncer les abus dans tous les domaines de la société, l’histoire tragique de Patricia Douglas est restée enterrée des décennies malgré un procès très médiatisé en son temps. Ce n’est qu’au cours des années 1990 que l’auteur et journaliste américain David Stenn – qui réalisera un article dans Vanity Fair en 2003 puis un film documentaire (Girl 27) en 2007 – est parvenu à trouver une trace de cette sombre affaire, totalement mise sous le tapis par Hollywood. C’est lui qui, bien que son nom ne soit jamais mentionné dans l’album, est parvenu par ses recherches patientes et minutieuses à reconstituer tous les éléments du drame et à retrouver la principale intéressée, décédée en 2003 à l’âge de 86 ans. Halim se base sur ce travail précis et documenté pour raconter ce combat courageux qui aura vu une toute jeune femme aller au bout de ses convictions contre une puissante société adossée à un système habitué à briser les plus faibles. Le récit est ainsi très rythmé, parfois trop car quelques temps morts auraient pu être utiles pour bien assimiler chaque élément, mais tout est solidement reconstitué, sans négliger des détails importants ou des déclarations capitales pour comprendre l’ampleur du désastre. L’ensemble est visuellement très agréable, parfaitement expressif, et rehaussé d’une colorisation sobre qui rend hommage à l’époque sans manquer de force dans les moments importants du récit.
La mise en avant d’un scandale savamment enterré qui en révèle beaucoup sur les pratiques ignobles des grandes sociétés.
Arnaud Gueury







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