© 2025 Casterman
- Titre(s) : Moody Rouge
- Scénariste(s) - Dessinatrice(s) - Coloriste(s) : Ariane Astier
- Editeur(s) : Casterman
- Parution : Janvier 2025
- Prix : 18,00 €
- EAN : 9782203248540
Seltsamau, 198X. Ben est réveillé par un nouveau cauchemar. Depuis qu’il est arrivé, c’est de pire en pire, d’autant plus que ses mauvais rêves paraissent trop réels pour ne pas être liés à un quelconque traumatisme qu’il aurait enfoui profondément dans son subconscient. Adolescent adopté, il est en conflit avec sa famille d’accueil et cherche à retrouver sa famille biologique, plus précisément son père. C’est pour cela qu’il est venu de Tchécoslovaquie en Allemagne, où il pense avoir vécu. Il y croise la route d’Adrian, un voisin, qui s’en prend à lui quelques temps plus tard. Le jeune homme, assez perturbé, l’agresse même mortellement au sein d’une église quelques minutes après que Ben ait eu la surprise d’admirer un portrait d’un réalisme confondant de sa sœur. À partir de cet instant, tous deux vont suivre une piste liée à Eli Edel, un peintre énigmatique, qui oeuvre dans une cathédrale oubliée. Ben plonge alors dans une dimension aussi fascinante qu’horrifique ! Malgré cela, obtiendra-t-il les réponses aux questions qu’il se pose ?
Moody Rouge est assez remarquable à plusieurs points de vue, d’autant plus lorsque l’on sait qu’il s’agit là de la première bande dessinée, disons plutôt du premier manga, d’Ariane Astier. Ce récit marque par sa qualité d’écriture qui dégage des ambiances horrifiques et malaisantes assez fortes relayées par un graphisme d’une beauté et d’une maturité assez incroyables. La jeune autrice lyonnaise maîtrise parfaitement les codes du genre et s’inscrit en toute modestie dans la lignée de ceux de Naoki Urasawa (Monster) ou encore Junji Ito (Tomie). Contrairement aux mangas classiques où les premières planches sont souvent en couleurs, Ariane Astier a pris le parti d’insérer six superbes illustrations colorisées, dont une double planche, à divers passages marquants de l’album. Elles sont autant d’impacts visuels et narratifs d’importance qui appuient les sensations d’enfermement, de gêne, de peur, de douleur mais aussi l’onirisme et le fantastique de l’univers dans lequel évoluent les personnages. Ajoutons à cela une maquette qui confère à l’album un côté à la fois mignon par la taille (150cm par 210cm) et suranné dans le style vieux livre.
Une très grande réussite pour cette autrice qui mérite d’être suivie avec attention.
Stéphane Girardot

















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