Hugo Pratt, Lignes d’Horizon – Une exposition du musée des Confluences à Lyon

Par | le 20 mars 2018 |

© Cong SA. Suisse/Musée des Confluences. Tous droits réservés

En consacrant une exposition à Hugo Pratt (1927 – 1995), le musée des Confluences souhaite rendre hommage à l’un des plus grands créateurs de bande dessinée en mettant en résonance son œuvre avec les cultures et les civilisations qui l’ont inspiré. Confronter ses créations à une centaine d’objets de musée (armes, bijoux, parures, vêtements, statues…), c’est aussi prolonger son imaginaire, rencontrer ses sources d’inspiration et illustrer son goût de l’insolite et de l’improbable.

L’exposition s’ouvre par le parcours biographique d’un artiste dont la vie se partagea entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Créateur par ailleurs influencé par la bande dessinée américaine, la littérature d’aventures et le cinéma d’Hollywood, il avait le goût de la poésie, des oubliés de l’Histoire et des destins romantiques. Voyage immersif, l’exposition propose d’embarquer vers les territoires chers à Pratt : le Grand Océan (Océanie), les Amazonies, les Peuples du Soleil (Amérique précolombienne, île de Pâques), l’Afrique des Masques et guerriers, le temps des Indiens (d’Amérique), le Grand Nord (canadien). Pour chacune de ces régions du monde sont présentées des planches originales de son œuvre. Certains de ses dessins sont reproduits à très grande échelle : de gigantesques cases de bande dessinée d’où s’échappent les objets ethnographiques. Cette exposition, qui durera du 7 avril 2018 au 24 mars 2019, a été réalisée d’après un concept original développé par Cong et le musée des Confluences. Au total, ce sont 94 objets , 130 planches et aquarelles originales d’Hugo Pratt, plus de 50 reproductions de cases de bandes dessinées de 3 à 7 mètres de hauteur et 390 portraits composant la galerie de personnages créés par l’auteur et intégralement présentés qui seront exposés durant la manifestation.

Les différents espaces de l’évènement sont au nombre de quatre.

Hugo Pratt à Malamocco en 1979 (Venise) © Cong SA. Suisse. Tous droits réservés

1 – Hugo Pratt, créateur du Grand Large.
Avant de s’élancer vers les géographies d’Hugo Pratt, le parcours de l’exposition s’attache à sa vie, à ses influences, à ses sources d’inspiration. Il fut Vénitien, Argentin, Américain, Européen dans sa vie et curieux du monde entier. Son ouverture au monde et son inspiration ont été enrichies par la littérature anglo-saxonne dédiée à l’aventure (Robert-Louis Stevenson, Jack London), le cinéma de l’âge d’or d’Hollywood (Corto Maltese inspiré de l’acteur Burt Lancaster) et les bandes dessinées américaines (particulièrement celles de Milton Canif).

2 – Horizons.
Les horizons d’Hugo Pratt sont ceux des voyages, des expériences et des séjours qu’il vécut. À ces réalités s’ajoute l’imaginaire suscité par la littérature, le cinéma, le reportage, l’article savant et les rencontres ordinaires ou exceptionnelles. Parfois, son imagination prend le dessus et brouille les pistes. On assiste alors à la naissance d’une géographie « pratienne », en surimpression à la géographie réelle. Autant de territoires qui deviennent les escales pour ses personnages.

Le Grand Océan : Longtemps mystérieux en Occident, l’Océan Pacifique a fait rêver par les récits des grands navigateurs qui l’ont parcouru, par les descriptions des peuples qui habitent ses îles et archipels, par les figures récurrentes du cannibale, de la vahiné, du guerrier et du marin maori. C’est aussi la géographie des monstres marins, des volcans, des tempêtes, des naufrages et des héros disparus.

Amazonies : Le vaste bassin du plus grand fleuve du monde décrit par les conquistadores, géographes et explorateurs a fait rêver aux femmes guerrières qui lui ont donné son nom, aux cités d’or de Cibola et au royaume d’El Dorado. Ils ont aussi relaté les serpents géants, les caïmans, les piranhas, les maléfices de la forêt et les rencontres avec les réducteurs de tête.

Les Peuples du Soleil : Olmèques, Mayas du Yucatan, Toltèques, Aztèques de Mexico, Incas des Andes… toutes les grandes cultures et civilisations amérindiennes fascinent écrivains et cinéastes depuis des siècles. Pyramides et sacrifices humains, religions du soleil et architectures monumentales, mythes merveilleux, oiseaux célestes, ainsi restitué en liberté débridée dans Mú, La cité perdue, achevant un long périple scandé de multiples escales comme sur une carte mystérieuse trouvée à Saint-François-du-Désert dans la lagune de Venise.

Masques et Guerriers : En 1959, Ann de la Jungle est la première création dont Hugo Pratt assure tout à la fois le scénario et les dessins. On y retrouve l’influence de la bande dessinée américaine (Tim Tyler’s Luke de Lyman Young) et des éléments de son adolescence en Éthiopie également utilisés dans la création de la série Les Scorpions du désert. L’Afrique est aussi présente dans Les Éthiopiques et dans Cato Zoulou avec des références liées à de nouveaux voyages et de nouvelles lectures.

Le Temps des Indiens : Wheeling est une petite ville de l’État de Virginie Occidentale marqué par les guerres de la fin du 18ème siècle. C’est le lieu où s’entremêlent la résistance de nations indiennes et l’inexorable avancée des colons, alors que commence la guerre d’indépendance américaine et que subsistent des traces de présence française. C’est à partir de cette ville et de son histoire dont il devient peu à peu un remarquable connaisseur qu’Hugo Pratt développe sa restitution en textes et images d’un certain Ouest américain.

Le Grand Nord : Marqué par la lecture des œuvres de James-Oliver Curwood et de Jack London, Hugo Pratt donne son tribut au Grand Nord canadien et à la police montée de ce territoire, passage obligé des géographies du roman d’aventures. Dans Jesuit(e) Joe, il en restitue la violence de la nature qui ne le cède en rien à celle des hommes. Il prend plaisir à dessiner la masse sombre des forêts, le blanc de la neige et des fleuves gelés, la rutilance des uniformes et la précision ethnographique des objets et des vêtements indiens.

3 – Imaginaires.
La bande dessinée n’est jamais un art de l’image figée, tout bouge, donne son et mouvement d’une case à l’autre, d’une page à la suivante. C’est une œuvre totale que cette partie de l’exposition propose d’illustrer par un espace en « lanterne magique » où s’animent silhouettes, étoiles et quartiers de lune, ombres et nuages.

4 – Bibliothèque.
Les pages de Lignes d’Horizons ont une bibliothèque pour dernier chapitre. On y retrouve toute l’œuvre d’Hugo Pratt, tous les récits mettant en scène Corto Maltese mais aussi les séries des Scorpions du désert et de Sergent Kirk, la saga de Wheeling, l’Afrique de Cush, d’Ann de la Jungle et de Cato Zoulou, les Cangaceiros de L’homme du Sertão, les cieux lointains d’Antoine de Saint-Exupéry et la lagune de Venise comme ultime décor de Morgan, sa dernière œuvre.

Une très belle exposition à venir !

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du Musée des Confluences.

Stéphane Girardot (Sur la base d’un communiqué)

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