Dans la bulle de… Nesmo

Par | le 5 novembre 2018 |

Invité à Saint-Malo pour le festival Quai des Bulles, Nesmo présentait sa nouveauté, Méto, adaptée de la série de romans d’Yves Grevet. Nous l’avons rencontré pour parler de ce projet qui correspondait parfaitement à son style et lui a offert un retour bienvenu dans la bande dessinée.

2018 © La Ribambulle

Bonjour ! Tout d’abord, comment êtres-vous arrivé sur le projet Méto ?

C’est surtout un projet éditorial. Je pense que l’éditeur avait ça dans les cartons avec un scénariste et ils cherchaient un dessinateur. Quand j’ai débuté mon activité de dessinateur, c’était chez les Humanos il y a plus de dix ans (NDR : sur la série Ronces) et c’était Nicolas Forsans qui était directeur de collection. Il s’est souvenu de moi, il trouvait que ça « matchait » avec mon style et c’est lui m’a envoyé le bouquin. Effectivement, ça collait à l’univers, donc ça s’est fait comme ça, tout simplement. Nicolas réunit des scénaristes qu’il connaît, des dessinateurs qu’il connaît…

C’est un vrai travail d’éditeur.

Voilà, c’est un peu leur rôle aussi.

Connaissiez-vous Lylian ?

Non, je ne le connaissais pas du tout. On s’est croisé la première fois à Lyon d’ailleurs, à la sortie de l’album.

© Syros / Yves Grevet

Avez-vous lu le livre avant de vous lancer, ou après ?

Non non, avant. On me l’a proposé, il fallait que ça colle un peu et que ça me motive à partir sur trois tomes denses avec une belle pagination.

En lisant le livre, vous aviez assez bien visualisé ce qui allait être demandé ?

Oui, la dystopie, l’univers, je pensais que ça allait bien avec mon dessin. Même si j’avais l’habitude de faire des dessins en perspectives, assez larges, dans un univers ouvert. Là on a un univers très clos mais ça l’est aussi parce qu’il fallait quand même que je carbure les pages pour la pagination et l’univers clos permet de limiter les décors. C’est un peu comme si je rapprochais ma caméra. J’ai pris ça comme un challenge.

Y avait-il quand même un peu de liberté ?

C’est un roman où déjà il y a très peu de descriptions, les personnages sont très peu détaillés donc on est un peu perdu pour savoir à quoi ressemble.

Le découpage était-il déjà défini ?

Lylian découpe les séquences pour garder l’essence du truc. Puis il écrit le synopsis séquence par séquence. C’était nécessaire car le premier tome du roman est assez dense. Bon, on n’a pas tout à fait respecté la fin du roman, on a un peu décalé sur le deuxième car le deuxième est un peu plus light. On essaie de se rattraper au passage, en faisant le moins de concessions possibles sur l’histoire. Dès le début, c’était prévu de faire un tome pour un album, il faut qu’on se cale là dessus de toute façon. Et on finira avec le troisième roman, qui est assez dense aussi. Il faudrait que je demande à l’éditeur si on peut faire un cahier en plus, mais ça risque de faire monter le prix du bouquin. Et c’est compliqué de proposer un livre à 20€.

© Glénat 2018

Est-ce qu’on peut compter un an de travail par album ?

Ouais, normalement il faudrait que ce soit 10 mois mais… Là on n’est qu’à la moitié du tome 2 et les éditeurs vont devoir présenter ça aux fournisseurs. La deadline est dans trois mois donc ça va être chaud. On va se faire vanner ! Je vais croiser l’éditeur à Boulogne début décembre, une petite réunion de crise ! (rires)

Le premier tome aurait-il pu être décalé pour rapprocher les sorties ?

A l’origine, c’est ce qu’on aurait du faire mais ça a mis longtemps à débuter avec Lylian, ça a pris un peu de retard mais l’éditeur avait déjà annoncé la sortie. Mais on y arrive !

© Glénat 2018

Avez-vous eu des retours du romancier, Yves Grevet ?

Lylian est plus en contact avec lui, comme c’est lui qui adapte, qui sélectionne les séquences et qui garde l’esprit d’origine du bouquin. Moi je ne l’ai pas encore croisé mais j’aimerais bien. C’est quand même son premier roman adapté en BD, c’est sympa. Je ne sais pas par contre si c’est lui a cherché un éditeur ou l’inverse, je sais juste que ce n’est pas un dessinateur qui l’a fait.

© Glénat 2018

Avez-vous un peu adapté votre style pour l’histoire ?

Non, c’était assez libre en fait. Ça faisait deux ans que je ne dessinais plus, je faisais du dessin publicitaire, des choses qui n’étaient pas de la BD. C’est vrai que j’ai eu un peu de mal à me remettre dans le truc. C’est pour ça qu’au début on a peut-être pas tout à fait su comment adapter le style de dessin. On a réussi, je pense, à avoir un équilibre pseudo-réaliste. Je pense que ça ressemble assez au sujet.

Les premières planches ne sont pas les plus simples, dans une salle nue sans décor.

Oui, et encore j’ai rajouté des éléments, des rangées de tuyaux, des machins… Après, c’est tout basé sur l’ambiance. C’est vrai qu’à dessiner c’est compliqué. Tout un album en huis-clos !

Pour revenir sur votre série précédente, UniVerne, est-ce définitivement abandonné ?

Non, je pense que tout est possible, si on reprend nos droits et qu’on le fait ailleurs. Il faudrait que j’en discute avec Jean-David Morvan et Olivier Jalabert avec qui je bossais, mais je pense qu’ils seraient motivés tous les deux. Jean-David avait sûrement écrit un synopsis pour la suite. Mais le connaissant, il bosse petit à petit, il écrit à mesure que le dessinateur avance, comme ça ça permet de rebondir sur le dessin. Connaissant sa technique d’écriture, je pense qu’il a une vision d’ensemble et qu’il a une fin. C’est parfois un peu frustrant pour les dessinateurs de ne pas savoir d’avance sur le truc mais on s’y adapte. Pour UniVerne, je ne sais pas ce qu’en pense l’éditeur, est-ce qu’il s’en désintéresse totalement, est-ce qu’il pourrait le céder…. J’avoue que je n’ai pas cherché à savoir.

UniVerne Tome 1 © Editions Soleil

Et il y a de quoi faire dans les mois à venir !

Oui, d’autant que Lylian me lance pour faire d’autres choses par la suite. Quand un scénariste trouve un bon dessinateur, il a envie de le garder pour lui (rires). Il faut qu’on en discute, on verra. Avec Méto, il y en a pour au moins un an, un an et demi… Il ne faut pas dire deux ans à mon éditeur, il ne va pas être d’accord ! On va donc dire un an et demi !

Merci beaucoup et bonne continuation !

Propos recueillis par Arnaud Gueury.

Interview réalisée le 13 octobre 2018.

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