Dans la bulle de… Sandrine Cordurié

Coloriste de nombreuses séries depuis un peu plus de dix ans, Sandrine Cordurié a accepté de répondre à nos questions sur son métier. Rencontre.

Bonjour Sandrine, tu as travaillé dans un studio d’animation avant de débuter en tant que coloriste d’une série scénarisé par Sylvain, ton mari. Qu’est-ce qui a fait que tu as embrassé une carrière de coloriste ?

Quand Sylvain et Stéphane Créty ont monté le dossier de Sälem la Noire, je me suis greffée naturellement au projet. Stéphane et moi avions bossé cinq ans ensemble dans le dessin animé et passer du monde de l’anim à la BD c’était quelque chose d’assez fou, mais qui me faisait terriblement envie.

Tu colorises à l’ordinateur mais aimes-tu également coloriser de façon traditionnelle ?

Je ne travaille que sous informatique et je me sens moins à l’aise avec la colo traditionnelle. Pour tout dire, je n’ai plus vraiment le temps de sortir les aquarelles à part en festival pour les dédicaces. 🙂

Tu as colorisé bon nombre de BD à ce jour et dans à peu près tous les genres. Y en a-t-il un dans lequel tu te sens le plus à l’aise ?

J’ai toujours eu une préférence pour le semi-réaliste. Là où je me sens vraiment chez moi, c’est sur les albums jeunesse et humour. J’ai une palette assez colorée et ces albums me ramènent à l’animation… La boucle est bouclée.

François Gomes a lancé une campagne de financement sur La Bande du 9 afin d’éditer des illustrations sur du papier de qualité et t’a confié la colorisation de ses illustrations sur Rockette. Comment est née votre collaboration ?

Très naturellement. Je suis François sur Facebook depuis un moment. On a un peu plus de contact depuis que Sylvain et lui ont un projet commun. J’adore son travail et je suis fan de ses illustrations sur Rockette. Il a posté un crayonné pour son anniversaire l’année dernière et, pour lui souhaiter, je l’ai rapidement mis en couleurs. De là, on s’est dit que ce serait sympa d’essayer une colorisation sur une illustration cleanée et puis voilà, on a commencé comme ça. Quand j’ai un peu de temps, je m’amuse sur Rockette.

Coloriseras-tu également l’album de Rockette si jamais le projet se concrétise ?

J’adorerais ! Si nos calendriers respectifs le permettent. 🙂

Quel regard portes-tu sur le métier de coloriste alors que le statut d’auteur est toujours un peu plus précaire au fil des années ?

Difficile d’en parler en quelques lignes. Pour ma part, J’ai eu un parcours assez heureux avec de belles rencontres, de belles collaborations. J’ai la chance de faire ce métier depuis quinze ans et ça me plaît toujours autant. Mais pour parler de façon plus générale, je connais beaucoup de coloristes qui ont connu pas mal de galères. Je crois que tant qu’on ne nous considérera pas comme des auteurs à part entière, rien ne changera. On se trouve dans la même position de précarité que les scénaristes ou les dessinateurs, avec la reconnaissance en moins.

On entend souvent parler des deadlines serrées pour les coloristes, légende urbaine ou réalité ?

Non, ce n’est pas une légende urbaine malheureusement. Le coloriste arrive en bout de chaîne graphique et, comme la plupart du temps, les ouvrages sont programmés avant même la fin du travail du dessinateur, on arrive parfois à un délai de rendu très court, d’autant plus s’il a pris du retard. Maintenant, ce n ‘est pas une règle non plus. 🙂

Merci à toi d’avoir répondu à mes questions.

Merci à toi de me les avoir posées !

Propos recueillis par Nicolas Vadeau.

Interview réalisée le 25 avril 2017.

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